La récolte du miel

Manger des rayons de miel tout juste sortis de la ruche était un de mes plus grand rêves, jusqu’à ce qu’il ne devienne réalité il y a quelques jours !

Janet et Leslie, qui ont installé leurs ruches sur la ferme de Maryann et Kevin, nous ont proposé la semaine dernière de les aider à récolter le miel avant l’hiver. Nous avons donc enfilé un équipement d’apiculteur, histoire de ne pas se faire trop piquer (même s’il paraît que dans les mauvais jours un jean ou des gants de cuir ne les arrêtent pas !) et nous sommes allés nous attaquer aux ruches. Pour les calmer, nous avons d’abord enfumé les abeilles à l’aide d’un enfumoir dans lequel on fait brûler un bout de toile de jute. Puis, nous avons ouvert le haut de la ruche pour accéder aux cadres où elles produisent leur miel. Un, deux ou trois étages sont consacrés à la production de ce précieux liquide. L’étage inférieur, séparé par une grille qui empêche la reine de monter (car elle est trop grosse!), est réservé au couvain, c’est là que les petits sont élevés. Mais les abeilles y stockent aussi un peu de miel et celui là, on ne leur prend pas, car il leur faut de quoi survivre pendant l’hiver. Ici de novembre à fin avril il fait en général -20°C et cela peut descendre jusqu’à -40°C ! Pour les aider, les filles enveloppent les ruches dans des couvertures d’octobre à mai. Eh oui, les hivers sont rudes pour les abeilles d’Alberta !

Nous avons donc passé une heure à démonter les cadres supérieurs, à en déloger les abeilles et à les charger dans le camion, afin que Leslie puisse en extraire le miel, une fois rentrée chez elle. Elle prend alors les cadres et les met dans une centrifugeuse pour que le liquide sorte des rayons.

En faisant la récolte, nous avons finalement eu la chance de tomber sur un rayon de miel fait hors du cadre, que nous avons pu mettre dans une boîte pour les montrer à des enfants et le goûter plus tard. Mais, nous en avons gardé une petite part à manger tout de suite et c’était vraiment délicieux ! On met un morceau de rayon dans sa bouche et on mâche pour extraire le miel. Enfin quand on a tout mangé, on mâche la cire qui reste dans la bouche pour former une petite boule que l’on peut cracher (ou garder comme chewing-gum !).

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Clémentine

La ferme communautaire

Good Note Community Farm. Il y a six mois, quand nous avons contacté cette ferme, nous nous attendions à une expérience très différente des autres… En fermant les yeux, nous pouvions déjà imaginer une bande de hippies, pieds-nus, la guitare à la main devant un feu de bois et faisant pousser des carottes bios, un joint à la main. Le pur cliché quoi !

Quelle n’a pas été notre surprise en arrivant, quand nous avons découvert qu’une seule famille vivait sur cette « ferme communautaire ». D’autre part, si la porte de la maison est toujours ouverte (car ils n’ont pas de clef !) et si Maryann est avant tout une femme engagée et utopiste, elle et sa famille ont bien les pieds sur terre (oui oui cela est parfaitement compatible!).

Mais alors me direz-vous, avec une seule famille, ce n’est pas une ferme communautaire, on nous a trompé sur la marchandise! Eh bien non. Nous allons vous faire découvrir tout ce qu’il est possible de mettre en commun sans pour autant partager la propriété d’un terrain.

La famille Borch possède les 14 hectares sur lesquels est implantée la ferme où ils font pousser leurs légumes, traient leur vache et leurs chèvres, où ils font du foin et élèvent leurs poulets de chair. Enfin « leurs poulets », pas exactement… Les poulets, la vache et les chèvres appartiennent à huit familles différentes. Maryann (qui, vous l’aurez compris est en charge de la ferme!), les accueillent sur son terrain et s’en occupe principalement, mais chacun des propriétaires doit aussi faire sa part. Chaque matin, une famille est donc en charge de nourrir les poulets ou bien de traire les chèvres ou la vache. En échange de cela et d’une trentaine de dollars par mois, la viande et le lait sont partagés entre chacun des co-propriétaires. Grâce à cela, Maryann a déjà réussi à bâtir une petite communauté qui se connaît bien, se retrouve pour des événements et apprend le travail de ferme à ses côtés. Mais ce n’est pas tout ! Cette femme, d’une énergie et d’une joie de vivre apparemment sans borne, donne également des cours de violon pour les enfants chez elle, loue certaines parcelles de son jardin à qui veut et accueille des apiculteurs. Elle organise aussi tous les premiers vendredis du mois son fameux FFF « First Friday Feedle jam event », une soirée où chacun apporte de quoi faire une pizza au feu de bois, que l’on déguste avant de faire un bœuf géant avec tous les joueurs de violons du coin (les guitares, pianos, djembés et autres accordéons sont aussi les bienvenus!). Un événement absolument magique auquel nous avons eu la chance de participer il y a deux jours (à suivre dans un prochain article…).

Grâce a cette organisation, nous avons pu rencontrer beaucoup de gens différents et passionnants sur cette ferme, où chacun va et vient, vaque à ses occupation, sans même avoir besoin de l’aide de Maryann bien souvent. Cela semble donc parfaitement idéal. Cependant, la famille Borch reste faite d’être humains (heureusement!) et tout n’est pas toujours parfait. Ce dynamisme incroyable entraîne tout le monde dans une spirale dont il est parfois difficile de s’échapper. Ainsi, en rentrant de son travail, Kevin aimerait parfois pouvoir lire un bouquin, plutôt que de réparer la grange, faire la distribution des poulets où organiser une soirée pizza. Mais bon, ce week-end, une météo clémente (pluie non-stop samedi!) et un petit coup de gueule, lui ont permis de prendre du repos.

Quoi qu’il en soit, tous les soirs Maryann, Kevin, et Rigel se retrouvent à table pour dîner, discuter et souvent écouter et jouer de la musique, ce qui nous permet de vivre dans une atmosphère paisible et surtout très familiale.

Clémentine