Le nez dans le foin

La récolte, le stockage et la livraison du foin

La récolte, le stockage et la livraison du foin

S’il y a un travail vraiment épuisant ici, c’est bien la récolte, le stockage et la livraison du foin.

Les pluies annoncées du dimanche 11 ont précipité les choses, ce qui a poussé un fermier voisin à venir demander de l’aide aux WWOOFeurs de Goat’sPride Dairy. Vendredi et Samedi, Tatjana, Verena, Laura et Anna et moi-même sommes donc aller « faire le foin ».

Notre travail a consisté à récolter les ballots dans les champs puis à les stocker dans la grange familiale, voire à le livrer dans des granges voisines. Nous avons même pu livrer notre propre ferme.

Toute la famille nous aidait dans notre travail. Don, un employé de la ferme, nous a aussi prêté main-forte. Même le pasteur est venu nous aider en conduisant le tracteur ! Pour le déjeuner, nous avons eu le droit à un pique-nique royal dans l’herbe face aux montagnes enneigées. Après une prière en cercle (la famille est mennonite), nous avons repris des forces avec un très bon repas et une vue splendide.

L’ambiance était donc bien sympathique, mais le travail harassant ! Après avoir transpiré des heures dans la poussière du foin, nous avons pu heureusement profiter de l’étang pour nous baigner et nous décrasser. Il et vrai que les douches étant limitées dans notre ferme, prendre deux bains deux jours de suite c’était un vrai luxe !

Valérian

Au pays des biquettes

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Si ma cohabitation avec les 150 poules de Goat’s Pride Dairy m’a confirmé mon aversion pour ces volatiles stupides et puants, j’ai vraiment découvert à quel point il était agréable de travailler avec des chèvres. Enfin, avec certaines chèvres…

Ces animaux à l’air si bête, sont en fait extrêmement intelligents. La plupart des biquettes de la ferme, sont très curieuses et s’intéressent de près au moindre de vos mouvements. C’est pourquoi il faut leur montrer le bon exemple… Si on en fait passer une par dessus une clôture au lieu d’ouvrir la porte, il y a fort à parier que ses amies apprendront très vite à s’échapper !

Ces chèvres sont aussi très affectueuses et n’hésitent pas à venir se frotter contre vous pour vous faire des câlins le matin. Elles ont leurs petites habitudes et certaines tiennent vraiment à me raccompagner jusque devant la porte de la « lower barn » quand j’ai fini de les nourrir. Ce qui les rend d’autant plus attachantes, c’est que l’on peut vraiment jouer avec elles. Il faut faire attention, car on peut parfois perdre pas mal de temps le matin si on se laisse prendre au piège de commencer à les caresser : après on ne peut plus s’arrêter !

Mais les plus mignons restent les chevreaux qu’on nourrit le matin au biberon et avec qui nous créons une vraie relation. Chaque chevreau a son biberon avec son nom dessus. Nous devons donc connaître le nom des treize petits. Ils ont chacun leur caractère : certains sont plus doux que d’autres, Aristotle est la plus petite et la plus attendrissante, Arriety sûrement la plus intelligente, Arena fait des bonds incroyables et Artichoke est un goinfre de première, toujours en train d’essayer de voler le biberon d’Apricot. Mais mon préféré, c’est Astroïde, avec ses deux petites tâches sous les yeux et son air malin…

Si on passe de très bons moments avec elles, tout n’est pas rose au pays des chèvres et pas mal d’entre elles ont quand même un sale caractère. L’autre jour, après avoir réussi à forcer deux cadenas pendant la nuit, les chèvres du côté droit de la « tente », ont réussi à aller rejoindre leurs copines du côté gauche. Grosse fête dans l’enclos ! Mais pas pour les WWOOFeurs… En arrivant à 6h du matin pour les traire et en découvrant le bazar qu’elles avaient mis partout je me suis carrément mise à les insulter en anglais ! Midnight, une chèvre noire plutôt costaud, n’a pas aimé ça et à commencer à me pousser avec sa tête et à essayer mesquinement de me marcher sur les pieds. Du coup je l’ai poussé à mon tour, mais elle ne s’est pas laissé faire ! Un long duel s’en est suivi… Bref, depuis, je ne peux plus rentrer dans l’enclos sans me faire foudroyer du regard par ma nouvelle ennemie. Eh oui, les biquettes peuvent être rancunières ! Mais ne vous inquiétez pas, je lui rend la pareille !

De façon générale, les chèvres de la tente sont indisciplinées et ingénieuses. C’est ce qui les rend aussi sympathiques dans le pré quand elles viennent nous dire bonjour alors qu’on répare la clôture. Mais c’est aussi celles que l’on hait le plus le matin quand elle ont décidé de ne pas rentrer dans la salle de traite, de fuguer dans le local à foin où de ne pas quitter la salle de traite et de se rouler par terre…

Bref, vous l’avez compris, les chèvres sont très humaines !

Clémentine

En attendant la pluie

Cinq jours sans douche, tout en travaillant avec des chèvres sous le soleil. Je peux vous dire que ça ne sent pas toujours la rose dans notre caravane !

La ferme est alimentée en eau par un puits. Cela permet d’avoir de la bonne eau, sans goût de chlore, mais évidemment, quand il fait sec on en ressent directement des conséquences ! Cet été est très sec et comme il n’avait pas plu depuis des semaines quand nous sommes arrivés, la ferme était déjà en restriction d’eau. Il ne vaut donc pas tirer la chasse dès qu’on va aux toilettes, quand on utilise de l’eau pour rincer quoi que ce soit, on la garde pour une future vaisselle, et surtout on ne prend pas une douche tous les jours ! Depuis notre arrivée, le niveau du puits n’a fait que baisser. Jusqu’à un point où nous n’avions même pas d’eau l’après-midi et qu’il était complètement impossible de prendre des douches. Je peux vous assurer que même si nous avons allègrement utilisé la piscine des voisins pour nous baigner après le travail (j’espère qu’ils mettent beaucoup de chlore !), je n’ai jamais autant espéré qu’il pleuve. Finalement, nous avons eu deux jours de pluie légère depuis ce week-end. Ce n’est pas grand chose, mais nos conditions s’améliorent et maintenant une ou deux personnes peuvent prendre une douche chaque jour. C’est la folie ! Mais c’est aussi la bagarre et parfois après quatre ou cinq jours sans avoir réussi à se laver, la mauvaise humeur prend certains quand ils réalisent qu’un petit malin a réussi à négocier une douche et un shampoing : « Alors alors ! Y’a de l’eau ce soir ? Je peux enfin me laver ? Quoi, Valérian est sous la douche ! Mais il s’est déjà lavé il y a deux jours ! Il est propre ! Et il n’a même pas fait la traite ! Moi ça fait cinq jours !!! »

Pour vous dire, lundi, quand nous sommes allés voir les étoiles filantes avec Clarissa, Yan, Tatjiana, Laura, Anna, et Charity, nous avons tous fait le vœu qu’il pleuve. Si vous m’aviez posé la question il y a quelques mois, je n’aurais jamais cru qu’il m’arriverait un jour de rêver de pluie au mois d’août quand, en général, on veut du soleil pour bronzer sur la plage.

Bref, en période de sécheresse sur une ferme, il faut savoir que ce sont les humains qui trinquent (sans mauvais jeu de mots….) avant les chèvres !

Clémentine

Mêêê au fait ça mange quoi une chèvre ?

Une miche aux cinq céréales, du pain de campagne, des baguettes… Ah, on se croirait revenu en France ! Et pourtant tous ces bons pains que nous voyons défiler sur la ferme ne sont bien souvent pas pour nous, mais pour les chèvres et les cochons. Bon, ok ne leur donne pas encore de confiture, mais quand même ! En fait, Peter et Jo Ann vont deux fois par semaine récupérer les invendus d’une boulangerie à une demie heure de là et en échange ils leur fournissent des œufs. Cela permet de limiter le gâchis en trouvant une utilité au pain rassi.

La première tâche que nous avons appris à faire sur la ferme c’est de nourrir les animaux. Cela prend en gros deux heures et demi chaque matin (à 7h) et chaque soir (à 16h30). Quand on est affilié au « feeding », le réveil sonne donc vers 6h45 (enfin, devrait sonner à cette heure là !). On se lève, on s’habille et on se dirige tout droit vers la grange où Peter nous a préparé un mélange de foin et de pain. On charge une grande brouette pour nourrir les chèvres de « la tente », où se trouve deux enclos. Souvent une chèvre a réussi à s’échapper et a fichu le bazar dans l’allée où l’on met le foin, il faut donc d’abord nettoyer les dégâts, car sinon les animaux risqueraient de ne pas vouloir manger une nourriture souillée.

Ensuite, on charge un ou deux ballots de foin et cinq pains sur la brouette, en route pour le bas de la ferme où se trouvent la « lower barn » (la grange basse) et l’ « entertainment barn » (la grange du divertissement) ainsi appelée car elle est à l’entrée de la ferme et que tout le monde peut venir voir les chèvres. Là on vérifie que les seaux d’eau sont pleins et qu’ils n’y a pas d’œufs dans les mangeoires avant de donner le foin dans ces deux granges où poules et chèvres cohabitent allègrement. Derrière l’« entertainment barn » se trouve l’enclos des deux cochons, à qui il faut donner un seau d’eau rempli du pain coupé en morceaux. En général c’est la grosse fête dans on arrive là, ça groink dans tous les sens ! Saviez-vous qu’on cochon heureux sautille, court et remue de la queue ? De vrais petits chiots!

Une fois cela fini, il est en gros 8h (surtout si on démarre en retard !…). En remontant vers la grange principale, on croise en général Steven et Joshua en train de nourrir leurs poules. Le but est d’arriver à résister à leurs supplications quand ils prétendent avoir ABSOLUMENT besoin d’aide ! Une fois cette épreuve passée, on remplit deux nouvelles brouettes de foin/pain pour les chèvres de la grange principale qui viennent d’être traites et sont de retour dans leur enclos.

C’est bon, tout le monde a reçu à manger ! Il ne reste plus qu’à nettoyer l’enclos où sont restées les chèvres en attente pour la traite. Comme la ferme est ouverte et que tout le monde peut venir la visiter, c’est d’autant plus important de nettoyer les enclos tous les jours, bien que ça ne soit pas le boulot préféré du WWOOFeur ! On s’attaque donc aux crottes de chèvres la brouette à la main, avant d’avoir enfin nous aussi droit à notre petit dej’, qui ne vient qu’après les « morning chores ». A 9h30 c’est « porridge time » qu’on soit prêt où non, alors il vaut mieux se dépêcher de finir de travailler si on veut prendre le petit dej’ avec les autres et faire notre prière !

Clémentine

Quoi de (n)œuf ?

S’il a un animal que l’on peut trouver partout sur la ferme c’est bien la poule. Bien sûr, il nous arrive aussi de courir de temps en temps après des chèvres ou des cochons en fuite, mais c’est plus rare (quoique…).

Il y a en tout deux grands poulaillers distincts, chacun géré par un enfant de la famille. Steven s’occupe du « poulailler du haut » tandis que Joshua s’occupe du « poulailler du bas ». Chaque matin, ils se chargent tout deux de nourrir leur poules respectives et du ramassage des œufs. Pour chaque œuf ramassé, ils gagnent 1 centime (dollar canadien). C’est peu, direz-vous ? Peut-être, mais il y a beaucoup d’œufs ! Lorsqu’il faut les prendre dans les nichoirs cela va encore, mais lorsqu’il s’agit de chercher les nids solitaires éparpillés partout dans la ferme cela devient un vrai cauchemar. Avec toutes les poules fugueuses il doit y avoir un bon nombre d’œufs de perdus, mais heureusement certaines ont leurs petites habitudes. Par exemple, lors de la tournée matinale pour nourrir les chèvres, il est indispensable de fouiller le fond de certaines mangeoires avant d’y mettre du foin, sinon gare à la casse ! Si des œufs sont trouvés, il faut alors les poser dans un coin bien en vue pour que Joshua ou Steven viennent les ramasser, car il n’est pas question de voler leurs centimes !

Une fois récoltés, les œufs doivent être lavés, empaquetés et rangés au frais avant d’être vendus. Lorsqu’on a un petit temps libre, on peut donc s’amuser à nettoyer et préparer les boîtes d’œufs, avant de les porter au magasin de la ferme. Sinon, au programme une fois par mois, il y a le nettoyage des poulaillers, ce que nous avons eu le loisir de faire la semaine dernière avec l’aide de Steven.

Vous l’avez compris, les poules nous accompagnent donc tout au long de la journée sur la ferme. Les coqs, eux ne sont pas en reste car certains adorent se mettent juste sous la fenêtre de notre caravane le matin pour chanter !

Valérian

Pour aller plus loin :

Pour tout savoir sur l’oeuf et sa conservation à la maison (faut-il mettre les œufs au frigo ?, à l’endroit ou à l’envers ?…) je vous invite à consulter la page du blog :

http://allegoriedelacaverne.blogspot.fr/2013/01/normal-0-21-false-false-false-fr-x-none_26.html

Comment s’organise-t-on quand on travaille à 17 sur une ferme ?

C’est simple, on fait un planning !

Planning

Globalement il y a cinq types d’activités à faire quotidiennement sur la ferme :

  • Nourrir les chèvres et les cochons
  • Donner le biberon aux chevreaux
  • Traire les chèvres
  • Nourrir les poules et ramasser les œufs
  • Aider Jason dans la laiterie

Chaque soir, Clarissa nous répartit donc les tâches pour le lendemain. Pour les poules ce sont les deux plus petits qui s’en occupent, mais un coup de main est toujours le bienvenu.

Entre ces missions, il y a pas mal de temps libre que nous sommes sensés utiliser pour aider sur la ferme. Mais comme en général personne n’est au courant de ce que font les autres, c’est parfois difficile de savoir à quoi s’attaquer. C’est ce qui est le plus perturbant au début. Mais finalement, c’est plutôt une bonne chose car cela nous oblige à observer, à prendre des initiatives et nous apprend à repérer ces mille et unes petites choses dont il faut s’occuper sur une ferme : nettoyer le poulailler ou les enclos, réparer les clôtures, rattraper les animaux qui ont fait une fugue, ramasser les pommes, les haricots ou les mûres, faire la cuisine, aider Steven à entraîner sa chèvre pour des concours,… Bref, ici nous apprenons à être débrouillards. Car oui, ça ne sert à rien de demander à qui que ce soit où se trouve le marteau ou le fil de fer, car personne n’en sait rien. C’est donc à nous de fouiner, chercher ce qui convient le mieux, quitte à y passer une heure. Mais rassurez-vous, avec le temps, on fini par connaître les petits recoins et ça va beaucoup plus vite. Cet après-midi il ne nous à fallu que 5 minutes pour trouver des clous !

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Clémentine