Les animaux de Doubletree

Ici tous les animaux de la ferme sont supposés être des animaux d’extérieurs. Je dis bien « supposés » car si les chèvres, les chevaux et les poules respectent jusqu’ici la consigne, c’est loin d’être le cas des deux chiens et des trois chats (et parfois même des colibris…) !

Il faut déjà savoir que les cinq lascars sont installés devant la maison, sous le porche qu’ils ont très clairement investi. Si bien qu’il est même parfois difficile de s’installer dans un hamac.

Shadow fait sa sieste

Mais laissez moi d’abord vous les présenter :

  • – Coco, le vieux chien un peu ronchon qui n’intéresse pas grand monde parce qu’il est beaucoup moins mignon que les quatre autres !
  • – Flofy : un chat un peu collant qui vous suit à la trace et sur lequel on marche systématiquement quand on veut se retourner.
  • – Biscuit : un chiot mignon bien qu’un peu défiguré par une maladie auto immune qui lui laisse de vilaines plaques sur le corps. Il court globalement partout et s’évertue à lécher ou mâchouiller les deux chatons toutes la journée quand il ne court pas après les poules ou sa queue !
  • – Mitten et Shadow : les petits nouveaux. Deux chatons de 10 semaines qui gambadent, se sautent dessus, grimpent partout, ronronnent et miaulent pour avoir des câlins et prennent Biscuit (qui est pourtant un garçon !) pour leur mère, allant même jusqu’à essayer de le téter !

Je vous expliquais donc que ces chiens et ces chats n’en font qu’à leur tête. Ils ont d’ailleurs chacun une technique très particulière pour s’infiltrer dans la maison quand la porte-moustiquaire est fermée (ce qui permet de laisser passer l’air quand il fait chaud, mais pas les bestioles). En fait tout le problème vient de cette porte qui est cassée et n’est donc qu’à moitié recouverte de gaze.

La semaine dernière, Shadow, le chaton le plus intrépide, a ainsi découvert qu’il était plutôt facile avec ses griffes d’escalader la moustiquaire puis une fois en haut de sauter de l’autre côté. Il a mis quelques jours à apprendre cela à sa sœur qui s’en donne maintenant elle aussi à cœur joie  et que l’on retrouve sous les canapés, derrière le poêle,… Voyant cela , Flofy s’est dit « Moi aussi ! » mais comme il est plus vieux, il lui suffit juste d’un bond pour attendre le haut de la moustiquaire et d’un autre bond pour descendre dans la maison. Ce qui profite à Biscuit ! Car quand le chat descend, avec l’impulsion, cela entre ouvre la porte battante et le chiot s’il est assez rapide a le temps de s’introduire derrière Flofy !

Si tout le monde s’escrime à inventer de nouvelles techniques pour entrer, Coco, en vieux sage, passe tout simplement par la fenêtre de Cathy qu’elle laisse souvent ouverte (et dont la moustiquaire est déchirée !).

Démonstration en images.

Quoiqu’il en soit, les animaux ont l’air plutôt heureux à Doubletree Farm !

Clémentine

Que fait-on quand il pleut ?

Dessin du poêle à bois

Dessin du poêle à bois

Comme la ferme est située dans ce qu’on appelle une « temperate rainforest », il pleut assez souvent. La plupart du temps il pleut très fort un court moment dans la journée et nous pouvons donc travailler dehors. Mais aujourd’hui c’est particulier : à part une heure ce matin et ce soir nous n’avons pas eu une minute de repis ! Que fait-on dans ce cas-là ? Et bien ça dépend. La semaine dernière il y avait des planches à peindre par exemple. Aujourd’hui nous en avons profité pour rattraper notre retard dans nos courriels, skyper la famille, trier les photos pour le blog, rédiger un article…Mais aussi se reposer, jouer aux dames, aux cartes, dessiner, jouer avec les chatons ou discuter avec Marcus (Cathy n’est pas là cette semaine, nous tenons donc la ferme tous les trois).

Nous en avons également profité pour faire découvrir un peu la cuisine « à la française ». Ici tout est cuit au feu de bois grâce à un poêle qui fait aussi cuisinière, four et chauffe-eau. Si le feu est éteint et que l’on veut des pancakes le matin, il faut donc se lever tôt le temps de rallumer et de faire chauffer le poêle à bois. L’avantage c’est qu’en hiver cela ne consomme pas plus de bois, mais par contre ça en consomme plus en été … et ça chauffe ! Il faut donc s’organiser, cuisiner tout ce qui doit être cuit en même temps si on ne veut pas consommer trop de bois, chauffer trop la maison ou avoir à démarrer le feu plusieurs fois de suite. C’est un peu long de s’habituer à ce type de cuisson mais on s’y fait. Malgré quelques désastres culinaires nous commençons peu à peu à savoir utiliser la cuisinière, pour le four ce n’est pas encore vraiment ça (une tarte tatin pas cuite, l’autre carbonisée). Quoiqu’il en soit, ce poêle sert vraiment à tout faire, c’est le coeur de la maison. Et devinez par qui il a été construit ? Les Amish bien sûr !

Valérian

Old Timers

Vous qui avez lu Lucky Luke, vous avez sans doute toujours rêvé de danser le square dance. Pour nous c’est chose faite !

Hier en début d’après midi, Marcus (l’autre WWOOFeur qui vit chez Cathy avec nous), Sam, Valérian et moi sommes partis rejoindre Cathy au Bluff Mountain Festival, à 40 minutes de la ferme. Ce festival est destiné aux « old timers » comme on les appelle ici. C’est à dire à ceux qui vivent à la mode des temps anciens. Car oui, Cathy n’est pas la seule à travailler comme elle le fait, c’est une vraie épidémie dans le coin, entre lesvieux habitants qui n’ont jamais cessé et les nouveaux arrivants, soucieux de l’environnement. Travailler au cheval de trait n’est qu’une partie de la vie de ces « old timers » ; la musique joue aussi un rôle très important. C’est d’ailleurs pour cela que Cathy et Marcus prennent des cours de « feddle », violon avec lequel on joue de la country.

Enfin bref, au Bluff Mountain Festival, des groupes se succèdent toute la journée pour jouer de la country au milieu d’un champ. C’est une ambiance incroyable avec de jeunes couples, des parents et leurs enfants qui dansent devant la scène, des personnes âgées,… Tout le monde se connaît, se retrouve, papote. Certains groupes ont même des danseurs qui font des démonstrations incroyables avec les costumes d’époque. Finalement, la journée s’est terminée à 18h avec un prof de square dance qui nous apprenait à danser avec des pas et sur des airs plutôt faciles. L’avantage de cette danse c’est qu’il y a toujours un »caller » qui vous explique quoi faire, donc il n’y a pas besoin de se souvenir de tout !

Finalement, nous sommes rentrés vers 19h et nous avons fini la soirée sur la terrasse à boire des bières en écoutant Marcus, Sam et Cathy jouer du violon, de la guitare et du banjo. Mais ce qui rend tout vraiment magique à Doubletree Farm, ce sont les milliers de lucioles qui illuminent les champs et la montagnes tous les soirs, dès que la nuit tombe.

Clémentine

Pour aller plus loin :

These little things qui riment avec WWOOFing

 

Y’a pas à dire, on aura choisi des fermes bien différentes pour nos différents WWOOFing. D’abord le maraîchage bio au Québec avec un jeune couple dynamique qui commence à fonder un foyer. Puis le jardin urbain dans une zone populaire de Brooklyn avec Violaine, à la fois timide et en même temps hyper-active dans son jardin et dans la fête de quartier. Et maintenant une petite ferme qui est revenue à la traction animale en Caroline du Nord avec Cathy qui refait sa vie après le départ de son mari…

Mais malgré ça on retrouve tout de même certaines similitudes entre nos WWOOFing successifs. La peinture, exemple. Nous avons commencé par peindre la chambre du futur bébé à la ferme Belle Roche (Québec), puis nous avons peint un mur en blanc pour faire un écran au Welcome Home Community Garden (New-York), et ici à Doubletree farm (Caroline du nord) nous peignons les fenêtres d’une maisonnette en bleu. Faire du WWOOFfing peut donc remplacer un quelconque stage en peinture ! Il n’y a pas que ça : le ramassage de pierres est aussi une des activités que l’on aime bien donner aux WOOFeurs.

Mais il y a aussi des différences. A la ferme Belle Roche nous mettions les pierres dans une remorque tirée par un tracteur (le 1er mai sous le soleil, le jour de la fête du travail, non mais!), ici elle est tirée par une jument nommée Allis (sous le cagnard aussi, c’est un classique).

C’est ce qui fait le charme des fermes à taille humaine : vous faites du travail dans les champs, bien sûr, mais pas que. Une ferme, c’est un ensemble qu’il faut gérer, avec des petite chose à ajuster ou réparer sans cesse, il y a donc tout le temps un peu de bricolage à faire.

Aujourd’hui par exemple, nous avons profité de la présence de Marc, un menuisier, pour l’aider à rénover la petite maison de Sam et Mia (d’anciens WWOOfeurs qui louent maintenant la maisonnette). Au programme : le redressement de la maison à l’aide de crics (c’est vrai qu’elle commençait sérieusement à pencher), la création de fondations en béton pour stabiliser le tout, et enfin la peinture et la pose de planches de bois pour le contour des fenêtres. Mais ce n’est pas tout : mardi nous avions commencé par isoler le plancher avec de la laine de verre, et la semaine prochaine nous devrions faire la façade avec des planches de bois. Tout ça bien sûr entre la traite, le binage, la tonte de l’herbe le long des clôtures et le ramassage de asperges pour le dîner !

Valérian

 

La ferme au milieu des bois

Dimanche, après avoir suivi la route qui longe les Appalaches depuis la Virginie jusqu’en Caroline du Nord, nous sommes finalement arrivés à Doubletree Farm.

Depuis la route qui surplombait la vallée qui pouvions voir depuis deux jours une plaine verdoyante, de grands champs, des haies, des collines et quelques animaux. C’est donc dans ce genre de paysage que nous nous attendions à travailler.

Mais après avoir quitté la Blue Ridge Parkway, sous la pluie qui tombait avec la nuit, nous nous sommes doucement aventurés dans une vallée bien plus encaissée et surtout bien plus verte. Petit à petit, en suivant un cours d’eau sur une route de plus en plus étroite, nous nous sommes retrouvés en pleine forêt vierge. Quelques terrains cultivables le long de l’eau sont défrichés pour faire des champs, mais là haut, sur la montagne c’est vraiment la jungle, chaude et humide.

C’est donc au fond de cette vallée que se trouve Doubletree Farm. Une petite ferme de quelques hectares où l’on est accueilli par les poules et les dindes qui gambadent librement et où on se croirait plus facilement au Pérou ou à Cuba qu’au pays des OGM.

Une maison en bois, chauffée au poêle (qui sert aussi à faire la cuisine!) surplombe le champ principal où Cathy fait pousser en ce moment du sorgho, du maïs et de l’ail. En montant un peu plus haut on trouve la grange pour stocker le foin, sous laquelle s’abritent le cheval de trait et le poney durant la journée. De l’autre côté de cette grange, on accède au terrain destiné aux deux chèvres, à leurs bébés et au bouc. Encore au dessus de la grange, on tombe sur le potager qui sert essentiellement à nourrir la maison. En ce moment on y récolte surtout des asperges vertes ! Et enfin à l’arrière c’est le coin des petits fruits : mûres et framboises, qui devraient être bonnes à récolter d’ici notre départ !

Vous l’aurez compris Doubletree c’est la ferme d’autrefois, où l’on trait la chèvre à la main le matin pour faire le fromage, où l’on coupe le foin à la faux, on laboure au cheval de trait, on se chauffe et on cuisine au feu de bois. Malgré cela n’allez pas croire que nous vivons comme au Moyen-Age, car si Cathy a décidé de vivre simplement, l’idée n’est pas de se priver de tout confort. Bref, rassurez-vous tout de suite nous avons l’eau courante, l’électricité et même internet !

Après Brooklyn, nous voici donc plongés dans un tout nouvel univers où nous allons devoir apprendre à revenir aux bases, découvrir de nouveaux outils et de nouveaux gestes. Car traire une chèvre à la main c’est loin d’être évident, croyez en mon inexpérience !

Clémentine