Comment faire du yaourt avec du lait de chèvre ?

Rien de plus simple ! Après avoir pasteurisé le lait de chèvre de la traite, vous y ajoutez la culture microbienne. A Goat’s Pride Dairy, Jason utilise un mélange de culture d’acide lactique et de lactose. Après, il n’y a plus qu’à mettre le tout en pot, à laisser fermenter 12h à 41°C et c’est prêt ! Rapide, non ?

 

Valérian

La traite

Avez-vous déjà eu des crampes aux mains ? Cela m’est arrivé pour la première fois à Goat’s Pride Dairy après trois jours de traite consécutifs. Et moi qui croyais que la traite à la machine c’était facile ! Laissez moi vous expliquer le subtil art de traire soixante-cinq chèvres en 2h.

Les chèvres laitières sont réparties dans trois enclos différents. On les trait donc par lots et la première étape est bien sûr de convaincre nos amies les biquettes de la tente (les fameuses!) de venir jusqu’à la salle où e

lles attendront d’être traites. Charmante partie de plaisir !

Pendant, que je m’escrime avec mes amies à quatre pattes, Tatjana (celle avec qui j’ai à chaque fois fait ce travail) s’occupe de préparer la salle, de tout stériliser et de mettre en marche la trayeuse. Puis il faut remplir les mangeoires de graines et nous sommes fin prêtes pour faire entrer les dix (et seulement dix!) premières chèvres. Ce qui n’est pas toujours évident car elles passent par une trappe que l’on soulève et se battent pour entrer !

Une fois nos dix chèvres installées, nous nettoyons leurs mamelles et commençons à les traire à la main, pour vérifier qu’elles n’ont pas de problème. Ce premier lait tiré fini droit dans la gamelle des chats ! Puis on peut mettre la machin en marche. On ouvre les tuyaux aspirants et on les colle aux mamelles de nos biquettes. Après quelques minutes d’attente, quand tout le lait paraît avoir été tiré, on peut les enlever. Là, ça demande une certaine expertise. Moi je préfère attendre dix minutes et sous-peser les mamelles, alors que Clarissa fait ça en trois minutes et repère ça a l’œil ! Quoiqu’il en soit, après avoir arrêté la trayeuse, on n’est jamais sûr que la machine a tiré tout le lait. On finit donc le boulot manuellement en tenant un seau de la main gauche et en trayant de la main droite. On récupère souvent un gros litre de lait supplémentaire que l’on verse dans le tank. Évidemment, ça prend un peu de temps avant d’être aussi efficace que Tatja

na ou Clarissa et pour se muscler la main ! Mais je dois dire que mon niveau s’est nettement amélioré en quelques jours et j’en suis plutôt fière.

Après cela, on désinfecte les mamelles et on peut sortir les biquettes pour en faire entrer dix nouvelles. Quand toutes les chèvres de la tente sont finies, on les raccompagne à leur enclos (en évitant des fugues dans la grange à foin!) et on va chercher celles de la partie droite de la grange principale. Et rebelote !

Le matin, il faut se lever à 5h45, mais il n’y a que deux lots, alors qu’à 16h30, on trait onze chèvres de plus et on doit s’occuper du troisième lot : les chèvres de la gauche de la grange principale. Donc l’un dans l’autre, il n’y a pas vraiment de meilleur créneau… Moi, contre toute attente, je suis plutôt du matin !

Le fait de devoir aller chercher les biquettes dans le pré, puis de les traire une par une, permet vraiment de mieux les connaître. Maintenant, je sais que « Smiley » (celle aux dents en avant),  « Little Nipple » (celle qui a une mamelle atrophiée) et la chèvre av

ec deux orifices sur sa mamelle droite, sont plus philosophes que les autres et ne se battent jamais pour entrer les premières dans la salle de traite. On les retrouve toujours ensemble dans la dernière fournée de dix chèvres. J’ai appris à repérer « Coco », cette biquette curieuse et intrépide qui fait toujours l’inverse de ce que l’on veut. J’ai aussi sympathisé avec « Papaye », le petit chevreau que l’on laisse avec sa mère dans la grange principale. Bref, la traite est vraiment un moment privilégié pour comprendre le fonctionnement de la ferme et créer un lien avec les animaux, pour qu’ils ne soient pas que des machines à faire du lait.

Mais bon, on a beau dire, c’est quand même important de tirer le maximum de lait et chaque matin quand on mesure le nombre de litres obtenus, on compare toujours avec ce qu’ont fait les autres la veille. Si on a fait mieux qu’eux, en général au p’tit dej’ Clarissa ou Charity auront droit à une petite réflexion du genre « Ah, ah ! Tu as fait 46 litres hier soir ? Nous on a eu 52 ce matin… avec onze chèvres de moins! ».

Eh oui, depuis que nous travaillons dans des fermes nous n’avons plus vraiment le même humour !…

 Clémentine

Au pays des biquettes

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Si ma cohabitation avec les 150 poules de Goat’s Pride Dairy m’a confirmé mon aversion pour ces volatiles stupides et puants, j’ai vraiment découvert à quel point il était agréable de travailler avec des chèvres. Enfin, avec certaines chèvres…

Ces animaux à l’air si bête, sont en fait extrêmement intelligents. La plupart des biquettes de la ferme, sont très curieuses et s’intéressent de près au moindre de vos mouvements. C’est pourquoi il faut leur montrer le bon exemple… Si on en fait passer une par dessus une clôture au lieu d’ouvrir la porte, il y a fort à parier que ses amies apprendront très vite à s’échapper !

Ces chèvres sont aussi très affectueuses et n’hésitent pas à venir se frotter contre vous pour vous faire des câlins le matin. Elles ont leurs petites habitudes et certaines tiennent vraiment à me raccompagner jusque devant la porte de la « lower barn » quand j’ai fini de les nourrir. Ce qui les rend d’autant plus attachantes, c’est que l’on peut vraiment jouer avec elles. Il faut faire attention, car on peut parfois perdre pas mal de temps le matin si on se laisse prendre au piège de commencer à les caresser : après on ne peut plus s’arrêter !

Mais les plus mignons restent les chevreaux qu’on nourrit le matin au biberon et avec qui nous créons une vraie relation. Chaque chevreau a son biberon avec son nom dessus. Nous devons donc connaître le nom des treize petits. Ils ont chacun leur caractère : certains sont plus doux que d’autres, Aristotle est la plus petite et la plus attendrissante, Arriety sûrement la plus intelligente, Arena fait des bonds incroyables et Artichoke est un goinfre de première, toujours en train d’essayer de voler le biberon d’Apricot. Mais mon préféré, c’est Astroïde, avec ses deux petites tâches sous les yeux et son air malin…

Si on passe de très bons moments avec elles, tout n’est pas rose au pays des chèvres et pas mal d’entre elles ont quand même un sale caractère. L’autre jour, après avoir réussi à forcer deux cadenas pendant la nuit, les chèvres du côté droit de la « tente », ont réussi à aller rejoindre leurs copines du côté gauche. Grosse fête dans l’enclos ! Mais pas pour les WWOOFeurs… En arrivant à 6h du matin pour les traire et en découvrant le bazar qu’elles avaient mis partout je me suis carrément mise à les insulter en anglais ! Midnight, une chèvre noire plutôt costaud, n’a pas aimé ça et à commencer à me pousser avec sa tête et à essayer mesquinement de me marcher sur les pieds. Du coup je l’ai poussé à mon tour, mais elle ne s’est pas laissé faire ! Un long duel s’en est suivi… Bref, depuis, je ne peux plus rentrer dans l’enclos sans me faire foudroyer du regard par ma nouvelle ennemie. Eh oui, les biquettes peuvent être rancunières ! Mais ne vous inquiétez pas, je lui rend la pareille !

De façon générale, les chèvres de la tente sont indisciplinées et ingénieuses. C’est ce qui les rend aussi sympathiques dans le pré quand elles viennent nous dire bonjour alors qu’on répare la clôture. Mais c’est aussi celles que l’on hait le plus le matin quand elle ont décidé de ne pas rentrer dans la salle de traite, de fuguer dans le local à foin où de ne pas quitter la salle de traite et de se rouler par terre…

Bref, vous l’avez compris, les chèvres sont très humaines !

Clémentine

En attendant la pluie

Cinq jours sans douche, tout en travaillant avec des chèvres sous le soleil. Je peux vous dire que ça ne sent pas toujours la rose dans notre caravane !

La ferme est alimentée en eau par un puits. Cela permet d’avoir de la bonne eau, sans goût de chlore, mais évidemment, quand il fait sec on en ressent directement des conséquences ! Cet été est très sec et comme il n’avait pas plu depuis des semaines quand nous sommes arrivés, la ferme était déjà en restriction d’eau. Il ne vaut donc pas tirer la chasse dès qu’on va aux toilettes, quand on utilise de l’eau pour rincer quoi que ce soit, on la garde pour une future vaisselle, et surtout on ne prend pas une douche tous les jours ! Depuis notre arrivée, le niveau du puits n’a fait que baisser. Jusqu’à un point où nous n’avions même pas d’eau l’après-midi et qu’il était complètement impossible de prendre des douches. Je peux vous assurer que même si nous avons allègrement utilisé la piscine des voisins pour nous baigner après le travail (j’espère qu’ils mettent beaucoup de chlore !), je n’ai jamais autant espéré qu’il pleuve. Finalement, nous avons eu deux jours de pluie légère depuis ce week-end. Ce n’est pas grand chose, mais nos conditions s’améliorent et maintenant une ou deux personnes peuvent prendre une douche chaque jour. C’est la folie ! Mais c’est aussi la bagarre et parfois après quatre ou cinq jours sans avoir réussi à se laver, la mauvaise humeur prend certains quand ils réalisent qu’un petit malin a réussi à négocier une douche et un shampoing : « Alors alors ! Y’a de l’eau ce soir ? Je peux enfin me laver ? Quoi, Valérian est sous la douche ! Mais il s’est déjà lavé il y a deux jours ! Il est propre ! Et il n’a même pas fait la traite ! Moi ça fait cinq jours !!! »

Pour vous dire, lundi, quand nous sommes allés voir les étoiles filantes avec Clarissa, Yan, Tatjiana, Laura, Anna, et Charity, nous avons tous fait le vœu qu’il pleuve. Si vous m’aviez posé la question il y a quelques mois, je n’aurais jamais cru qu’il m’arriverait un jour de rêver de pluie au mois d’août quand, en général, on veut du soleil pour bronzer sur la plage.

Bref, en période de sécheresse sur une ferme, il faut savoir que ce sont les humains qui trinquent (sans mauvais jeu de mots….) avant les chèvres !

Clémentine

Mêêê au fait ça mange quoi une chèvre ?

Une miche aux cinq céréales, du pain de campagne, des baguettes… Ah, on se croirait revenu en France ! Et pourtant tous ces bons pains que nous voyons défiler sur la ferme ne sont bien souvent pas pour nous, mais pour les chèvres et les cochons. Bon, ok ne leur donne pas encore de confiture, mais quand même ! En fait, Peter et Jo Ann vont deux fois par semaine récupérer les invendus d’une boulangerie à une demie heure de là et en échange ils leur fournissent des œufs. Cela permet de limiter le gâchis en trouvant une utilité au pain rassi.

La première tâche que nous avons appris à faire sur la ferme c’est de nourrir les animaux. Cela prend en gros deux heures et demi chaque matin (à 7h) et chaque soir (à 16h30). Quand on est affilié au « feeding », le réveil sonne donc vers 6h45 (enfin, devrait sonner à cette heure là !). On se lève, on s’habille et on se dirige tout droit vers la grange où Peter nous a préparé un mélange de foin et de pain. On charge une grande brouette pour nourrir les chèvres de « la tente », où se trouve deux enclos. Souvent une chèvre a réussi à s’échapper et a fichu le bazar dans l’allée où l’on met le foin, il faut donc d’abord nettoyer les dégâts, car sinon les animaux risqueraient de ne pas vouloir manger une nourriture souillée.

Ensuite, on charge un ou deux ballots de foin et cinq pains sur la brouette, en route pour le bas de la ferme où se trouvent la « lower barn » (la grange basse) et l’ « entertainment barn » (la grange du divertissement) ainsi appelée car elle est à l’entrée de la ferme et que tout le monde peut venir voir les chèvres. Là on vérifie que les seaux d’eau sont pleins et qu’ils n’y a pas d’œufs dans les mangeoires avant de donner le foin dans ces deux granges où poules et chèvres cohabitent allègrement. Derrière l’« entertainment barn » se trouve l’enclos des deux cochons, à qui il faut donner un seau d’eau rempli du pain coupé en morceaux. En général c’est la grosse fête dans on arrive là, ça groink dans tous les sens ! Saviez-vous qu’on cochon heureux sautille, court et remue de la queue ? De vrais petits chiots!

Une fois cela fini, il est en gros 8h (surtout si on démarre en retard !…). En remontant vers la grange principale, on croise en général Steven et Joshua en train de nourrir leurs poules. Le but est d’arriver à résister à leurs supplications quand ils prétendent avoir ABSOLUMENT besoin d’aide ! Une fois cette épreuve passée, on remplit deux nouvelles brouettes de foin/pain pour les chèvres de la grange principale qui viennent d’être traites et sont de retour dans leur enclos.

C’est bon, tout le monde a reçu à manger ! Il ne reste plus qu’à nettoyer l’enclos où sont restées les chèvres en attente pour la traite. Comme la ferme est ouverte et que tout le monde peut venir la visiter, c’est d’autant plus important de nettoyer les enclos tous les jours, bien que ça ne soit pas le boulot préféré du WWOOFeur ! On s’attaque donc aux crottes de chèvres la brouette à la main, avant d’avoir enfin nous aussi droit à notre petit dej’, qui ne vient qu’après les « morning chores ». A 9h30 c’est « porridge time » qu’on soit prêt où non, alors il vaut mieux se dépêcher de finir de travailler si on veut prendre le petit dej’ avec les autres et faire notre prière !

Clémentine

Les animaux de Doubletree

Ici tous les animaux de la ferme sont supposés être des animaux d’extérieurs. Je dis bien « supposés » car si les chèvres, les chevaux et les poules respectent jusqu’ici la consigne, c’est loin d’être le cas des deux chiens et des trois chats (et parfois même des colibris…) !

Il faut déjà savoir que les cinq lascars sont installés devant la maison, sous le porche qu’ils ont très clairement investi. Si bien qu’il est même parfois difficile de s’installer dans un hamac.

Shadow fait sa sieste

Mais laissez moi d’abord vous les présenter :

  • – Coco, le vieux chien un peu ronchon qui n’intéresse pas grand monde parce qu’il est beaucoup moins mignon que les quatre autres !
  • – Flofy : un chat un peu collant qui vous suit à la trace et sur lequel on marche systématiquement quand on veut se retourner.
  • – Biscuit : un chiot mignon bien qu’un peu défiguré par une maladie auto immune qui lui laisse de vilaines plaques sur le corps. Il court globalement partout et s’évertue à lécher ou mâchouiller les deux chatons toutes la journée quand il ne court pas après les poules ou sa queue !
  • – Mitten et Shadow : les petits nouveaux. Deux chatons de 10 semaines qui gambadent, se sautent dessus, grimpent partout, ronronnent et miaulent pour avoir des câlins et prennent Biscuit (qui est pourtant un garçon !) pour leur mère, allant même jusqu’à essayer de le téter !

Je vous expliquais donc que ces chiens et ces chats n’en font qu’à leur tête. Ils ont d’ailleurs chacun une technique très particulière pour s’infiltrer dans la maison quand la porte-moustiquaire est fermée (ce qui permet de laisser passer l’air quand il fait chaud, mais pas les bestioles). En fait tout le problème vient de cette porte qui est cassée et n’est donc qu’à moitié recouverte de gaze.

La semaine dernière, Shadow, le chaton le plus intrépide, a ainsi découvert qu’il était plutôt facile avec ses griffes d’escalader la moustiquaire puis une fois en haut de sauter de l’autre côté. Il a mis quelques jours à apprendre cela à sa sœur qui s’en donne maintenant elle aussi à cœur joie  et que l’on retrouve sous les canapés, derrière le poêle,… Voyant cela , Flofy s’est dit « Moi aussi ! » mais comme il est plus vieux, il lui suffit juste d’un bond pour attendre le haut de la moustiquaire et d’un autre bond pour descendre dans la maison. Ce qui profite à Biscuit ! Car quand le chat descend, avec l’impulsion, cela entre ouvre la porte battante et le chiot s’il est assez rapide a le temps de s’introduire derrière Flofy !

Si tout le monde s’escrime à inventer de nouvelles techniques pour entrer, Coco, en vieux sage, passe tout simplement par la fenêtre de Cathy qu’elle laisse souvent ouverte (et dont la moustiquaire est déchirée !).

Démonstration en images.

Quoiqu’il en soit, les animaux ont l’air plutôt heureux à Doubletree Farm !

Clémentine