La règle des cinq minutes

A notre arrivée sur la ferme Kevin nous a directement prévenus : « Ici on applique la règle des cinq minutes. Les cinq premières minutes on vous sert et après, vous faites comme chez vous. Vous avez faim : vous ouvrez le réfrigérateur, vous voulez mettre le couvert : vous cherchez les assiettes ». Eh oui, le WWOOFing c’est du travail dans les fermes, mais c’est aussi (et surtout !) vivre ensemble. Ici nous ne sommes pas des invités, mais des habitants de la maison.

Dans les cinq fermes où nous sommes allés, nous avons toujours participé à tous les aspects de la vie de famille. Mais jamais autant qu’à Good Note nous n’avons eu le sentiment de faire partie de la famille. Nous partageons tout : les travaux de ferme et ménagers, les bons moments et les moins bons.

La journée, nous travaillons sur la ferme, le plus souvent sans Maryann qui en profite pour faire d’autres choses (la cuisine, des cours de musique, livrer du lait etc.). Mais quand elle fait du savon ou du fromage, où quand elle va rendre visite à des amis qui pourraient nous intéresser, elle nous propose toujours de nous joindre à elle. Car nous ne sommes pas uniquement ici pour travailler pour elle, mais aussi pour apprendre et partager.

Pour les repas, Maryann n’est pas la seule à faire la cuisine et quand elle n’a pas le temps c’est nous qui nous mettons aux fourneaux. Libre à nous d’inventer la recette qui nous plaît avec les ingrédients disponibles ! Après le repas, chacun range et participe à la vaisselle afin de pouvoir profiter ensemble de la soirée. La semaine, nous jouons aux cartes ou au Cluedo avec Rigel et Kévin, ou bien nous regardons un film en bas tous ensemble en mangeant des pop-corn au beurre. Des fois, on s’installe juste pour tricoter, bouquiner, écouter de la musique ou papoter dans le salon. Le week-end, il y a souvent des amis qui viennent dîner ou même dormir et nous passons la soirée avec eux. Samedi dernier, nous étions quinze à table et presque tout le monde est resté dormir sous le toit de la nouvelle grange où nous avions suspendu une dizaine de hamacs ! Vers 6h du matin, congelés, nous nous sommes presque tous rapatriés dans la maison, au grand dam des quelques personnes moins téméraires qui étaient restées au chaud !

Hier, nous sommes aussi allés passé la journée chez des amis apiculteurs qui habitent à une heure de la ferme, pour leur donner un coup de main dans la construction de leur maison en isolation paille. Nous avons travaillé dur toute la journée, mais nous avons rencontré des gens vraiment intéressants et découvert comment construire ce type d’habitation, moins polluante, moins consommatrice d’énergie et moins chère. En guise de récompense, après le dîner nous avons eu droit à une dégustation de miel et à la visite locaux de transformation du miel !

Mais la vie de famille sur une ferme, ce n’est pas uniquement des parties de rigolades. Il y a deux jours, quand Maryann a vérifié la météo à 22h et s’est aperçu qu’il allait faire -3°C pendant la nuit, nous avons du nous aussi sortir avec gants, bonnet et écharpe, pour récolter les tomates et les courgettes qui risquaient de geler ! Eh oui, sur une ferme, pas d’horaire fixe, on s’adapte au climat, aux animaux et aux végétaux.

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Clémentine

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La ferme communautaire

Good Note Community Farm. Il y a six mois, quand nous avons contacté cette ferme, nous nous attendions à une expérience très différente des autres… En fermant les yeux, nous pouvions déjà imaginer une bande de hippies, pieds-nus, la guitare à la main devant un feu de bois et faisant pousser des carottes bios, un joint à la main. Le pur cliché quoi !

Quelle n’a pas été notre surprise en arrivant, quand nous avons découvert qu’une seule famille vivait sur cette « ferme communautaire ». D’autre part, si la porte de la maison est toujours ouverte (car ils n’ont pas de clef !) et si Maryann est avant tout une femme engagée et utopiste, elle et sa famille ont bien les pieds sur terre (oui oui cela est parfaitement compatible!).

Mais alors me direz-vous, avec une seule famille, ce n’est pas une ferme communautaire, on nous a trompé sur la marchandise! Eh bien non. Nous allons vous faire découvrir tout ce qu’il est possible de mettre en commun sans pour autant partager la propriété d’un terrain.

La famille Borch possède les 14 hectares sur lesquels est implantée la ferme où ils font pousser leurs légumes, traient leur vache et leurs chèvres, où ils font du foin et élèvent leurs poulets de chair. Enfin « leurs poulets », pas exactement… Les poulets, la vache et les chèvres appartiennent à huit familles différentes. Maryann (qui, vous l’aurez compris est en charge de la ferme!), les accueillent sur son terrain et s’en occupe principalement, mais chacun des propriétaires doit aussi faire sa part. Chaque matin, une famille est donc en charge de nourrir les poulets ou bien de traire les chèvres ou la vache. En échange de cela et d’une trentaine de dollars par mois, la viande et le lait sont partagés entre chacun des co-propriétaires. Grâce à cela, Maryann a déjà réussi à bâtir une petite communauté qui se connaît bien, se retrouve pour des événements et apprend le travail de ferme à ses côtés. Mais ce n’est pas tout ! Cette femme, d’une énergie et d’une joie de vivre apparemment sans borne, donne également des cours de violon pour les enfants chez elle, loue certaines parcelles de son jardin à qui veut et accueille des apiculteurs. Elle organise aussi tous les premiers vendredis du mois son fameux FFF « First Friday Feedle jam event », une soirée où chacun apporte de quoi faire une pizza au feu de bois, que l’on déguste avant de faire un bœuf géant avec tous les joueurs de violons du coin (les guitares, pianos, djembés et autres accordéons sont aussi les bienvenus!). Un événement absolument magique auquel nous avons eu la chance de participer il y a deux jours (à suivre dans un prochain article…).

Grâce a cette organisation, nous avons pu rencontrer beaucoup de gens différents et passionnants sur cette ferme, où chacun va et vient, vaque à ses occupation, sans même avoir besoin de l’aide de Maryann bien souvent. Cela semble donc parfaitement idéal. Cependant, la famille Borch reste faite d’être humains (heureusement!) et tout n’est pas toujours parfait. Ce dynamisme incroyable entraîne tout le monde dans une spirale dont il est parfois difficile de s’échapper. Ainsi, en rentrant de son travail, Kevin aimerait parfois pouvoir lire un bouquin, plutôt que de réparer la grange, faire la distribution des poulets où organiser une soirée pizza. Mais bon, ce week-end, une météo clémente (pluie non-stop samedi!) et un petit coup de gueule, lui ont permis de prendre du repos.

Quoi qu’il en soit, tous les soirs Maryann, Kevin, et Rigel se retrouvent à table pour dîner, discuter et souvent écouter et jouer de la musique, ce qui nous permet de vivre dans une atmosphère paisible et surtout très familiale.

Clémentine