Garder ses semences

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Avez-vous déjà essayé de récolter des graines de salade ? Non ? Pourtant rien n’est plus simple. Pas besoin, comme pour les carottes ou les oignons, d’attendre deux ans, il suffit juste de laisser monter sa salade en graine. Plus facile encore à récolter, à conserver et à resemer, les graines de tomates, elles, se prennent directement dans l’assiette ! Il suffit juste de les poser quelques jours sur du papier toilette pour les déshydrater avant de les glisser dans une enveloppe en attendant le printemps.

Chaque année, à la fin de la saison, Maryann récolte ses propres graines afin de les semer l’année d’après. Cela demande du temps mais comporte de nombreux avantages.

Économique :

Économiquement, cela évite d’avoir à racheter chaque année ses semences. L’agriculteur n’est donc pas dépendant des firmes semencières et reste autonome. Dans le cas des OGM, non seulement la semence est chère mais en plus elle vient le plus souvent obligatoirement avec l’achat de produits « adaptés » vendus par la même entreprise bien sûr… C’est le cas du désherbant total Roundup © avec par exemple le coton, le mais, le soja… roundup Ready © .

Sociale :

La conservation des semences passe traditionnellement par des échanges entre agriculteurs. En plus de permettre un brassage génétique, cela tisse un lien social fort sur le territoire.

Une sélection adaptée à votre terroir et à votre goût :

Selon les plantes, l’agriculteur conserve les graines (ex : blé, salades, melons…), ou d’autres organes de la plante (tubercules, bulbes…). Chaque année il sélectionne donc les graines des plantes qu’il juge les meilleures.

Conserver ses graines permet de sélectionner directement les plantes les plus adaptées à son climat, ses ravageurs, son territoire, ses pratiques culturales et surtout à son goût ! Autant de choses qui sont difficilement réalisables pour les gros semenciers qui après avoir sélectionné une plante, la vendent sur un vaste territoire, voire sur plusieurs continents. Et on les comprend ! Le travail de sélection variétale est long est coûteux pour ces entreprises, il est normal qu’ils cherchent à rentabiliser leurs dépenses. Même s’ils tentent de s’adapter le plus possible à des unités climatiques, vous comprendrez bien qu’il leur est impossible de s’adapter à votre propre champ ou jardin.

Écologique :

Sélectionner ses plantes c’est, vous l’avez compris, les adapter à son terroir. N’oublions pas que les semenciers sélectionnent leur plantes dans des conditions optimales de sol et d’apports en intrants (ça commence à changer… heureusement!1). C’est alors aux agriculteurs d’apporter des engrais manquants s’il veut obtenir les rendements promis.

Si vos semences sont issues d’une sélection à la ferme locale et adaptées à des terrains, climats et des pratiques culturales à faibles intrants, il ne sera pas forcément nécessaire de leur apporter beaucoup d’intrants (engrais, pesticides, eau…) afin d’avoir une récolte.

Enfin, les variétés sélectionnées à la ferme, appelées « variétés population », augmentent la biodiversité au sein des parcelles, contrairement aux variétés lignées, hybrides et OGM2, souvent proposés par les semenciers.

Les problèmes de la sélection à la ferme :

Resemer ses propres semences demande du temps, surtout pour les fruits et légumes ! Et pour les céréales, il ne suffit pas de prendre un sac de grains au hasard, mais bien de prendre les plantes qui nous conviennent le mieux (pour leur goût, leur apparence, leurs résistances, leur tolérance…).

Autre gros soucis : le droit3. En France, les agriculteurs doivent obligatoirement cultiver des variétés inscrites au « Catalogue » français ou européen. Le catalogue se charge de référencer toutes les variétés cultivables pour chaque espèce. L »inscription d’une variété au catalogue est longue et coûteuse, et doit être renouvelée après cinq à dix ans si l’on veut pouvoir continuer à cultiver une variété. Certaines dérogations sont faites pour des variétés anciennes considérées en « érosion génétique », (mais pas pour l’ensemble des variétés locales) ou encore certaines espèces peu utilisées (ex : millet), mais ces dérogations sont souvent assez restrictives et surtout complexes à comprendre.

Enfin, l’échange de semences entre agriculteurs est désormais interdite, et donc les échanges entre agriculteurs légalement impossibles.

Conclusion !

Vous l’aurez donc compris, le sujet des semences est complexe et touche du doigt un nombre infini de problèmes écologiques, sanitaires, économiques, sociaux, juridiques et même politiques. Le droit de resemer sa propre récolte pour tous les agriculteurs devrait être indiscutable, malheureusement ça ne l’est plus. Ce qui était un des fondement de l’agriculture devient de plus en plus impossible à réaliser en toute légalité. Rien n’est tout blanc ou noir non plus : la sélection d’aujourd’hui a apporté de nombreuses améliorations génétiques bien plus rapidement que cela n’aurait été possible avec de la sélection à la ferme. Rien n’est à donc rejeter forcément, le problème est plus que les agriculteurs n’ont aujourd’hui plus le choix et doivent obligatoirement se plier face à une lourde et complexe législation. En France la loi essaye maintenant de prendre en considération les variétés locales « en voie d’extinction » mais ce n’est pas encore le cas de toutes les variétés locales ni du principe de la sélection à la ferme. Il reste encore beaucoup d’obstacles juridiques à contourner car notre modèle est aujourd’hui construit pour répondre aux exigences des nouvelles variétés. Cependant, certains pays comme la Suisse ont su trouver des solutions3 en acceptant des exceptions pour les variétés locales, rien n’est donc encore perdu !

Valérian

1Bernad Rolland, chercheur à l’INRA, propose de sélectionner des variétés de blé sur des sols pauvres avec de faibles apports en intrants. Ces variétés sont donc plus adaptées à l’agriculture biologique peu consommatrices en intrants.

2 La Fondation de la recherche sur la biodiversité a publié un rapport sur l’évolution de la biodiversité du blé en France. Pas si simple que ça à étudier ! Mais néanmoins très intéressant.

3 si ce sujet vous intéresse, je vous conseille vivement de lire la thèse de Mlle Shabnam « Semence et droit » soutenue en 2008. Cela permet d’avoir un point de vue, certes subjectif, mais très complet et bien référencé sur le problème des semences.

La grange

Quelques photos de nos journées de travail sur la construction de la grange avant l’hiver.

Savon fait maison !

Chez les Borch, la majeure partie des produits utilisés sont locaux. Et cela s’applique à tous les domaines, que ce soit la maison en paille et argile, la nourriture ou les produits d’entretien. Car oui, Maryann fait son savon elle-même à partir du gras de ses bœufs et du lait de ses chèvres. Oui oui, du savon au gras de bœuf ! On vous assure, ça ne se sent même pas et ça permet d’éviter de gaspiller. Pas mal non ?

Il y a quelques jours, en deux heures, nous avons donc pu assister à la confection du savon. D’abord Maryann fait chauffer les morceaux de bœuf, afin que le gras se liquéfie et pour pouvoir le séparer des morceaux de viande résiduels et des os. Ce matin, nous avons obtenu 1,8kg de graisse de bœuf. Nous l’avons laissée refroidir et sommes allés regarder sur un site internet spécialisé (www.thesage.com) pour savoir combien il nous fallait d’hydroxyde de sodium (soude) et de lait de chèvre. Nous avons finalement mis les 700 millilitres de chèvre dans un bol au congélateur pendant que le gras refroidissait et pesé les 225 grammes de soude. Après une heure, quand le lait était presque entièrement gelé, nous avons ajouté la soude dans le bol de lait petit à petit, en remuant, afin que le lait ne brûle pas. Car oui, la réaction qui se produit est très forte et chauffe beaucoup ! C’est pour cela qu’il faut porter des gants et des lunettes (ce que Maryann ne fait pas toujours…), laisser le bol tremper dans un évier rempli d’eau froide afin que cela refroidisse le mélange, et surtout ajouter la soude dans le lait et pas l’inverse (sinon gare à la réaction !). On remue jusqu’à ce que le mélange redescende à 38°C. Puis on le verse dans la casserole remplie de gras de bœuf refroidi. C’est là aussi une réaction dangereuse, il faut donc verser doucement et remuer avec une cuillère en métal (une cuillère en bois serait rongée!), porter des gants et des lunettes. Quand tout est bien mélangé, on fini au blender ou au mixer, car le savon a besoin d’être mixé très vite pour s’épaissir. Une fois le mélange épaissi, nous avons ajouté des huiles essentielles d’arbre à thé et des flocons d’avoine (c’est bon pour la peau!). Puis, nous avons versé cela dans des boites rectangulaires. On recouvre le dessus de plastique et on enveloppe le tout dans une grosse serviette éponge pour garder la chaleur. Le mélange va continuer à réagir pour se solidifier pendant 24h. Le lendemain, on peut découper des rectangles de savon. Mais attention, tant que tout l’hydroxyde de sodium n’a pas réagi, le savon reste extrêmement corrosif et ne peut pas être utilisé. Il faut attendre au moins quatre semaines (six dans l’idéal) avant de se laver les mains avec. Nous en emportons dans nos valises, alors si vous venez à l’une de nos expositions, vous pourrez vérifier par vous même qu’on ne décèle pas la moindre odeur de gras de bœuf !

Juste pour info, si cela vous intéresse, Maryann n’utilise aucun produit d’entretien chimique. Le vinaigre blanc lui permet de détartrer la salle de bain et de nettoyer les vitres. Pour ses tables, elle fait cela avec de l’huile essentielle d’arbre à thé. Elle utilise du bicarbonate de sodium pour récurer les casseroles dont le fond est brûlé ou pour nettoyer ses toilettes. Et enfin, pour éviter le problème des canalisations bouchées, une fois par mois elle remplit son évier d’eau très chaude et avec une paire de gant elle ôte le bouchon et laisse toute l’eau s’échapper très vite dans les tuyaux. Cela suffit pour se débarrasser du gras qui risquerait de les boucher.

Alors, vous sentez-vous prêt à vous débarrasser de votre Monsieur Propre maintenant ?

 Clémentine

La traite à Good Note

Après trois fermes, nous sommes presque devenus des experts en traite de chèvres. Mais ici, comme sur chaque ferme où nous nous sommes rendus, il y a toujours à apprendre et les manières de faire sont toutes différentes. Cette ferme est plus proche de celle de Doubletree. Il n’y a que cinq chèvres laitières et une vache (Vicky). Mais c’est déjà beaucoup de travail car ici, ce n’est pas comme à Goat’s Pride Dairy, tout se fait à la main et les chèvres ne se laissent pas toujours faire, elles s’en donnent à cœur joie pour donner de grands coups de sabots dans les seaux de lait ! Comme chez Cathy, en Caroline du Nord, Maryann ne trait que le matin. Seule différence: elle fait cela à 9h plutôt qu’à 6h (nous, on trouve que c’est une bonne idée !). Après la traite, elle laisse les mères passer la journée avec leurs petits. Elle ne les sépare qu’à la nuit tombée, afin d’avoir du lait le lendemain.

Après les petites mamelles de chèvres qu’il ne faut presser qu’à trois doigts, apprendre à traire une vache est un jeu d’enfant. Enfin c’est ce que nous avons pensé les cinq premières minutes… Car si cela est plus facile, il y a aussi beaucoup plus de lait à faire sortir et cela demande plus de force dans les bras et les avant-bras que nous n’en avions il y a trois semaines ! Avec un peu de pratique, j’arrive désormais à traire Vicky toute seule d’un bout à l’autre, mais je fais quand même une petite pause d’une minute au milieu. Et puis toujours ce fichu problème, la mamelle droite se vide beaucoup plus vite que la gauche. Si seulement je pouvais être ambidextre !

Il y a aussi de bons jours et de mauvais jours. Si Vicky est de bonne humeur, nous regarde d’un bon œil et veut bien nous donner son lait, on obtient facilement plus de quatre litres, mais dans les mauvais jours, elle préfère garder son lait pour Allan, son veau. Et c’est là qu’intervient la botte secrète de Maryann ! Après avoir tiré tout le lait possible, elle amène Allan et le laisse commencer à téter. Une fois qu’elle voit que le lait commence à redescendre dans les mamelles, elle éloigne le petit et recommence à traire la vache. Elle a ainsi accès au lait que Vicky gardait pour son veau, qui est plus crémeux (c’est le lait qu’on utilise pour faire du beurre). Mais quand elle fait cela, elle ne trait pas jusqu’au bout la seconde fois. Soyons beaux joueurs, il faut bien laisser au veau de quoi téter !

Ce lait crémeux est tellement bon que Rigel (le fils de Maryann) trayait la vache de l’époque directement dans sa bouche quand il avait quatre ans !

Clémentine

Digestif à la pomme

Envie de se réchauffer après un bon repas en plein hiver ? Rien de plus simple ! Coupez des pommes en petit morceaux dans un bocal en verre et remplissez-le à raz-bord. Complétez avec de la vodka (ou de l’alcool pour fruits) et ajoutez du sucre selon votre goût. Laissez macérer 6 mois au minimum puis filtrez pour ne garder que l’alcool . Vous pouvez jeter les pommes ou essayer de les manger.

Santé !

La récolte du miel

Manger des rayons de miel tout juste sortis de la ruche était un de mes plus grand rêves, jusqu’à ce qu’il ne devienne réalité il y a quelques jours !

Janet et Leslie, qui ont installé leurs ruches sur la ferme de Maryann et Kevin, nous ont proposé la semaine dernière de les aider à récolter le miel avant l’hiver. Nous avons donc enfilé un équipement d’apiculteur, histoire de ne pas se faire trop piquer (même s’il paraît que dans les mauvais jours un jean ou des gants de cuir ne les arrêtent pas !) et nous sommes allés nous attaquer aux ruches. Pour les calmer, nous avons d’abord enfumé les abeilles à l’aide d’un enfumoir dans lequel on fait brûler un bout de toile de jute. Puis, nous avons ouvert le haut de la ruche pour accéder aux cadres où elles produisent leur miel. Un, deux ou trois étages sont consacrés à la production de ce précieux liquide. L’étage inférieur, séparé par une grille qui empêche la reine de monter (car elle est trop grosse!), est réservé au couvain, c’est là que les petits sont élevés. Mais les abeilles y stockent aussi un peu de miel et celui là, on ne leur prend pas, car il leur faut de quoi survivre pendant l’hiver. Ici de novembre à fin avril il fait en général -20°C et cela peut descendre jusqu’à -40°C ! Pour les aider, les filles enveloppent les ruches dans des couvertures d’octobre à mai. Eh oui, les hivers sont rudes pour les abeilles d’Alberta !

Nous avons donc passé une heure à démonter les cadres supérieurs, à en déloger les abeilles et à les charger dans le camion, afin que Leslie puisse en extraire le miel, une fois rentrée chez elle. Elle prend alors les cadres et les met dans une centrifugeuse pour que le liquide sorte des rayons.

En faisant la récolte, nous avons finalement eu la chance de tomber sur un rayon de miel fait hors du cadre, que nous avons pu mettre dans une boîte pour les montrer à des enfants et le goûter plus tard. Mais, nous en avons gardé une petite part à manger tout de suite et c’était vraiment délicieux ! On met un morceau de rayon dans sa bouche et on mâche pour extraire le miel. Enfin quand on a tout mangé, on mâche la cire qui reste dans la bouche pour former une petite boule que l’on peut cracher (ou garder comme chewing-gum !).

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Clémentine

Chasse aux poulets à Good Note

Des plumes qui volent, une course-poursuite effrénée, les cris désespérés des coqs qui partent à l’abattoir… C’est un peu l’image que l’on se fait du chargement en camion des poulets non ? Et bien cela ne s’est pas du tout déroulé comme cela, et pour une simple et bonne raison : ces poulets sont stupides. Et quand je dit « ces poulets » je ne veux bien sûr pas parler de cette charmante poulette noire qui me fait les yeux doux dès que je travaille à l’extérieur, mais bien de ces affreux poulets à viande que la famille Borch et sa petite communauté tentent tant bien que mal d’élever depuis maintenant seize semaines.

C’est le problème lorsque l’on ne veut pas avoir dans son assiette une viande squelettique et dure comme du cuire. Il faut élever des poulets qui ont été savamment sélectionnés pour être gros, moches et surtout très bêtes. A côté de belles pondeuses qui parcourent gaiement la ferme, deux cents poulets uniformes et blancs grossissent chaque jour sur une pelouse clôturée. Et cela à grand renfort de grains et de main-d’œuvre.

Nous vous avions déjà parlé de la communauté de la ferme, et bien ces poulets font aussi partie de ce système. Huit familles se sont donc partagées les frais d’achat des poussins, de la nourriture, des soins, de l’abattage et des autres dépenses liées à ces volatiles. En plus de cela, selon un planning bien précis, chaque famille s’occupe chaque jour de les nourrir. Le contrat est simple : sur les trois cents poussins achetés au départ, deux-cents sont partagés entre les huit familles et le reste va à la famille Borch. Malheureusement cette année cent oiseaux sont morts, sans doute dû à un manque d’apport en protéines (et pourtant il y en a !)…

La semaine dernière, à la tombée de la nuit lorsque les poulets étaient couchés, les huit familles en charge du poulailler étaient donc là pour charger les poulets dans le camion. Et c’est là que la magie opère… Nous n’avions qu’à nous pencher pour attraper les jeunes coqs ! Ils ne se débattaient pas, ne criaient pas, ne s’enfuyaient pas. Ils se laissaient prendre, indifférents, suspendus par les pattes, la tête en bas. Le boulot a donc été vite fait : trois personnes se chargeaient de mettre les poulets dans les casiers pendant que les autres les apportaient. Bien entendu le dernier tiers était un peu plus compliqué. Seuls les coqs un peu plus alertes continuaient de vagabonder. Nous nous mettions donc en arc de cercle, tentant de les piéger dans les recoins du poulailler. Les plus futés se cachaient sous les cabanes mais n’étaient pas très dur à déloger. Cinq autres coqs, de l’autre basse cour, intelligents ceux-là, ont rejoint le cheptel pour être mangé eux aussi. Au bout d’une heure, tout ce beau monde étaient bien rangé par dix dans des casiers. Ils ont alors passé la nuits sur la remorque du camion avant d’être emmenés à six heures le lendemain matin à l’abattoir.

Vers six heure du soir, tous les poulets étaient là, découpés, nettoyés et emballés sous vide. Il n’y avait plus qu’à faire le partage entre les différentes familles et le travail été plié. Enfin…presque… Car on a retrouvé peu après un jeune coq qui s’était échappé ! Un coq intelligent bien sûr… Pour le récompenser, nous lui avons laissé la vie sauve !

Valérian

Pour aller plus loin :

Butchering, Processing and Preservation of Meat (cf. Biblio), un vieux bouquin (en anglais) qui explique comment préparer, découper et stocker tout type de viande et de poisson. Un peu vieillot tout de même, à mon avis vous pouvez maintenant en trouver des plus actualisés et en français sur le marché.

La FFF

Oui oui, il faut bien l’avouer, depuis quelques temps les articles se font plus rares… Mais nous commençons à sentir la fin du voyage et en plus de la fatigue qui s’accumule, nous avons aussi de plus en plus envie de profiter. Si bien que chaque soir où nous sommes sensés travailler, nous trouvons autre chose à faire ! Hier nous étions au concert de Marten, l’un des fils de la famille, la veille nous avons regardé un film en mangeant du pop-corn avec Maryann et Rigel, mardi nous avons passé une soirée à boire du vin et refaire le monde pour célébrer la fin du jeûne de Kevin (qui n’avait pas le droit de boire pendant une semaine car il était de garde pour son boulot)… Bref, nous sommes très occupés ! Mais aujourd’hui, Kevin nous a pris en pitié et nous a laissé prendre notre après-midi pour travailler sur le blog, alors que nous devions l’aider à construire la nouvelle grange. J’ai donc enfin le temps de vous raconter cette fameuse soirée « pizza-violon », organisée un vendredi par mois et communément appelée la « FFF » (First Friday Fiddle jam session).

Vendredi dernier, Maryann a passé toute sa journée à préparer sa maison et son nouveau four en terre cuite pour la fête du soir. Elle a commencé à allumer le feu vers midi, pour voir si le four qu’elle a construit elle-même avec des amis marchait. Et bonne nouvelle, trois heure après, nous avons pu faire cuire des lardons dedans ! Les premiers invités sont arrivés vers 17h30 (oui oui, c’est le Canada, on mange tôt ici !), et vers 18h30 tout le monde était là. D’habitude Maryann reçoit une dizaines de personnes en plus des deux familles d’habitués qui se retrouvent tous les mois. Mais la semaine dernière, contre toute attente, nous avons fini par nous retrouver à soixante-dix dans le jardin !!! On dirait que la « FFF » devient de plus en plus populaire. Heureusement qu’il faisait beau !

Jackson, un garçon de 14 ans, qui a participé à la construction du four, était en charge de faire cuire les pizzas individuelles de tout le monde. Soixante-dix pizzas qui mettent chacune 8 minutes à cuire, même enfournées trois par trois, ça fait du boulot ! En gros, les premiers ont dîné à 18h et les derniers ont pu déguster leur pizza à la nuit tombante, vers 21h. Jackson a fait le boulot d’un bout à l’autre, le sourire aux lèvres, expliquant à chacun le fonctionnement du four et dissertant sur la permaculture, avant de finalement aller rejoindre ses amis pour jouer du violon comme un dieu. On a beau dire, les gamins qui font l’école à la maison sont vraiment débrouillards, je suis de plus en plus bluffée à force de les fréquenter !

Vers 20h, trois personnes ont commencé à sortir leurs violons de leurs étui, puis deux autres, puis cinq autres… Au fur et à mesure que chacun finissait sa pizza, il se joignait à la bande. Si bien qu’à 21h une trentaine de violons et guitares jouaient ensemble. La plupart de musiciens avaient moins de 15 ans. Absolument incroyable !

Une fois la nuit tombée, de nombreuses familles nous ont quittés, mais certains, plus tenaces sont restés parler près du feu. Puis, quand il a vraiment commencé à faire trop froid, tout le monde est rentré et s’est remis à jouer ! Cette fois, uniquement des habitués, des adultes et des enfants vraiment très bons, qui se connaissent bien et qui se sont tous retrouvés dans le salon à jouer du piano, du djembé, du violon, de l’accordéon, de la cuillère (ça c’était mon boulot, faire le rythme avec une cuillère, pas trop dur, quoique!…).

Nous avons vraiment été transportés par tous ces gens adorables, par cette ambiance si douce, par ces enfants qui jouent déjà comme des adultes, par cette soirée d’été autour d’un feu de bois. Bref, c’est décidé, l’année prochaine, je prends des cours de musique !

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Clémentine

Pour voir une vidéo de la soirée c’est ici !