Savon fait maison !

Chez les Borch, la majeure partie des produits utilisés sont locaux. Et cela s’applique à tous les domaines, que ce soit la maison en paille et argile, la nourriture ou les produits d’entretien. Car oui, Maryann fait son savon elle-même à partir du gras de ses bœufs et du lait de ses chèvres. Oui oui, du savon au gras de bœuf ! On vous assure, ça ne se sent même pas et ça permet d’éviter de gaspiller. Pas mal non ?

Il y a quelques jours, en deux heures, nous avons donc pu assister à la confection du savon. D’abord Maryann fait chauffer les morceaux de bœuf, afin que le gras se liquéfie et pour pouvoir le séparer des morceaux de viande résiduels et des os. Ce matin, nous avons obtenu 1,8kg de graisse de bœuf. Nous l’avons laissée refroidir et sommes allés regarder sur un site internet spécialisé (www.thesage.com) pour savoir combien il nous fallait d’hydroxyde de sodium (soude) et de lait de chèvre. Nous avons finalement mis les 700 millilitres de chèvre dans un bol au congélateur pendant que le gras refroidissait et pesé les 225 grammes de soude. Après une heure, quand le lait était presque entièrement gelé, nous avons ajouté la soude dans le bol de lait petit à petit, en remuant, afin que le lait ne brûle pas. Car oui, la réaction qui se produit est très forte et chauffe beaucoup ! C’est pour cela qu’il faut porter des gants et des lunettes (ce que Maryann ne fait pas toujours…), laisser le bol tremper dans un évier rempli d’eau froide afin que cela refroidisse le mélange, et surtout ajouter la soude dans le lait et pas l’inverse (sinon gare à la réaction !). On remue jusqu’à ce que le mélange redescende à 38°C. Puis on le verse dans la casserole remplie de gras de bœuf refroidi. C’est là aussi une réaction dangereuse, il faut donc verser doucement et remuer avec une cuillère en métal (une cuillère en bois serait rongée!), porter des gants et des lunettes. Quand tout est bien mélangé, on fini au blender ou au mixer, car le savon a besoin d’être mixé très vite pour s’épaissir. Une fois le mélange épaissi, nous avons ajouté des huiles essentielles d’arbre à thé et des flocons d’avoine (c’est bon pour la peau!). Puis, nous avons versé cela dans des boites rectangulaires. On recouvre le dessus de plastique et on enveloppe le tout dans une grosse serviette éponge pour garder la chaleur. Le mélange va continuer à réagir pour se solidifier pendant 24h. Le lendemain, on peut découper des rectangles de savon. Mais attention, tant que tout l’hydroxyde de sodium n’a pas réagi, le savon reste extrêmement corrosif et ne peut pas être utilisé. Il faut attendre au moins quatre semaines (six dans l’idéal) avant de se laver les mains avec. Nous en emportons dans nos valises, alors si vous venez à l’une de nos expositions, vous pourrez vérifier par vous même qu’on ne décèle pas la moindre odeur de gras de bœuf !

Juste pour info, si cela vous intéresse, Maryann n’utilise aucun produit d’entretien chimique. Le vinaigre blanc lui permet de détartrer la salle de bain et de nettoyer les vitres. Pour ses tables, elle fait cela avec de l’huile essentielle d’arbre à thé. Elle utilise du bicarbonate de sodium pour récurer les casseroles dont le fond est brûlé ou pour nettoyer ses toilettes. Et enfin, pour éviter le problème des canalisations bouchées, une fois par mois elle remplit son évier d’eau très chaude et avec une paire de gant elle ôte le bouchon et laisse toute l’eau s’échapper très vite dans les tuyaux. Cela suffit pour se débarrasser du gras qui risquerait de les boucher.

Alors, vous sentez-vous prêt à vous débarrasser de votre Monsieur Propre maintenant ?

 Clémentine

La traite à Good Note

Après trois fermes, nous sommes presque devenus des experts en traite de chèvres. Mais ici, comme sur chaque ferme où nous nous sommes rendus, il y a toujours à apprendre et les manières de faire sont toutes différentes. Cette ferme est plus proche de celle de Doubletree. Il n’y a que cinq chèvres laitières et une vache (Vicky). Mais c’est déjà beaucoup de travail car ici, ce n’est pas comme à Goat’s Pride Dairy, tout se fait à la main et les chèvres ne se laissent pas toujours faire, elles s’en donnent à cœur joie pour donner de grands coups de sabots dans les seaux de lait ! Comme chez Cathy, en Caroline du Nord, Maryann ne trait que le matin. Seule différence: elle fait cela à 9h plutôt qu’à 6h (nous, on trouve que c’est une bonne idée !). Après la traite, elle laisse les mères passer la journée avec leurs petits. Elle ne les sépare qu’à la nuit tombée, afin d’avoir du lait le lendemain.

Après les petites mamelles de chèvres qu’il ne faut presser qu’à trois doigts, apprendre à traire une vache est un jeu d’enfant. Enfin c’est ce que nous avons pensé les cinq premières minutes… Car si cela est plus facile, il y a aussi beaucoup plus de lait à faire sortir et cela demande plus de force dans les bras et les avant-bras que nous n’en avions il y a trois semaines ! Avec un peu de pratique, j’arrive désormais à traire Vicky toute seule d’un bout à l’autre, mais je fais quand même une petite pause d’une minute au milieu. Et puis toujours ce fichu problème, la mamelle droite se vide beaucoup plus vite que la gauche. Si seulement je pouvais être ambidextre !

Il y a aussi de bons jours et de mauvais jours. Si Vicky est de bonne humeur, nous regarde d’un bon œil et veut bien nous donner son lait, on obtient facilement plus de quatre litres, mais dans les mauvais jours, elle préfère garder son lait pour Allan, son veau. Et c’est là qu’intervient la botte secrète de Maryann ! Après avoir tiré tout le lait possible, elle amène Allan et le laisse commencer à téter. Une fois qu’elle voit que le lait commence à redescendre dans les mamelles, elle éloigne le petit et recommence à traire la vache. Elle a ainsi accès au lait que Vicky gardait pour son veau, qui est plus crémeux (c’est le lait qu’on utilise pour faire du beurre). Mais quand elle fait cela, elle ne trait pas jusqu’au bout la seconde fois. Soyons beaux joueurs, il faut bien laisser au veau de quoi téter !

Ce lait crémeux est tellement bon que Rigel (le fils de Maryann) trayait la vache de l’époque directement dans sa bouche quand il avait quatre ans !

Clémentine

Mozzarella et ricotta

La mozzarella, la vraie, est faite avec du lait de bufflonne. Mais avec du lait de chèvre c’est aussi très bon ! Voici donc la recette que Maryann utilise pour faire sa propre mozzarella, d’après le bouquin de Jane Mary Toth « Goat’s produce too ! » (voir biblio). Pour avoir une bonne boule de mozza, il faut donc :

  • 8L de lait de chèvre
  • ½ cuillère à café de présure
  • 1/8 cuillère à café de culture thermophile
  • 1 marmite
  • 1 grande cuillère
  • 1 thermomètre
  • 1 Bain-Marie électrique
  • 1 pièce de tissu propre (utilisée comme filtre)

Avant tout, il est très important de stériliser tous les ustensiles que l’on utilise. Pour stériliser la marmite et la cuillère, il suffit de faire bouillir quelques centimètres d’eau dans la marmite avec la cuillère pendant 5 min.

Pour commencer, faire chauffer 8 L de lait de chèvre au Bain-Marie afin d’atteindre une température de 32 °C. Une fois cette température atteinte, on répartit la culture sur le dessus du lait et on la laisse s’hydrater 1min avant de bien remuer. Après avoir dilué la présure dans 60ml d’eau froide, on peut l’ajouter lentement au lait tout en remuant.

Après 1h de cuisson à 32°C, prendre un couteau et couper le caillé qui s’est formé à la surface en petits carrés de 2 à 3cm de côté.

Augmenter alors lentement la température du Bain-Marie de 32 à 38°C pendant 30 min (1°C toutes les 5 min). Une fois atteint les 38°C, il faut mélanger/couper le caillé toutes les 15/20 min pendant 3h.

Après 3h de cuisson, on sépare le caillé (en le mettant dans une assiette par exemple) du petit lait que l’on fait bouillir.

On fait bouillir le petit lait

Une fois porté à ébullition, on plonge le caillé en petits bouts dans le petit lait pendant 1min pour le faire fondre. On obtient ainsi un fromage qu’il faut étirer pendant plusieurs minutes afin de former une belle boule, bien lisse.

Pour finir, on trempe la boule de mozzarella dans de l’eau salée pendant 10min.

La mozzarella peut être mangée fraîche ou congelée pour être utilisée plus tard. Le petit lait restant lui peut-être utilisé pour faire de la ricotta. Pour cela rien de plus simple : il faut faire bouillir le petit lait 20 à 30min, puis le filtrer à l’aide d’un tissu. Et voilà… deux fromages pour le prix d’un !

Égouttage de la ricotta

Égouttage de la ricotta

 Valérian