La traite à Good Note

Après trois fermes, nous sommes presque devenus des experts en traite de chèvres. Mais ici, comme sur chaque ferme où nous nous sommes rendus, il y a toujours à apprendre et les manières de faire sont toutes différentes. Cette ferme est plus proche de celle de Doubletree. Il n’y a que cinq chèvres laitières et une vache (Vicky). Mais c’est déjà beaucoup de travail car ici, ce n’est pas comme à Goat’s Pride Dairy, tout se fait à la main et les chèvres ne se laissent pas toujours faire, elles s’en donnent à cœur joie pour donner de grands coups de sabots dans les seaux de lait ! Comme chez Cathy, en Caroline du Nord, Maryann ne trait que le matin. Seule différence: elle fait cela à 9h plutôt qu’à 6h (nous, on trouve que c’est une bonne idée !). Après la traite, elle laisse les mères passer la journée avec leurs petits. Elle ne les sépare qu’à la nuit tombée, afin d’avoir du lait le lendemain.

Après les petites mamelles de chèvres qu’il ne faut presser qu’à trois doigts, apprendre à traire une vache est un jeu d’enfant. Enfin c’est ce que nous avons pensé les cinq premières minutes… Car si cela est plus facile, il y a aussi beaucoup plus de lait à faire sortir et cela demande plus de force dans les bras et les avant-bras que nous n’en avions il y a trois semaines ! Avec un peu de pratique, j’arrive désormais à traire Vicky toute seule d’un bout à l’autre, mais je fais quand même une petite pause d’une minute au milieu. Et puis toujours ce fichu problème, la mamelle droite se vide beaucoup plus vite que la gauche. Si seulement je pouvais être ambidextre !

Il y a aussi de bons jours et de mauvais jours. Si Vicky est de bonne humeur, nous regarde d’un bon œil et veut bien nous donner son lait, on obtient facilement plus de quatre litres, mais dans les mauvais jours, elle préfère garder son lait pour Allan, son veau. Et c’est là qu’intervient la botte secrète de Maryann ! Après avoir tiré tout le lait possible, elle amène Allan et le laisse commencer à téter. Une fois qu’elle voit que le lait commence à redescendre dans les mamelles, elle éloigne le petit et recommence à traire la vache. Elle a ainsi accès au lait que Vicky gardait pour son veau, qui est plus crémeux (c’est le lait qu’on utilise pour faire du beurre). Mais quand elle fait cela, elle ne trait pas jusqu’au bout la seconde fois. Soyons beaux joueurs, il faut bien laisser au veau de quoi téter !

Ce lait crémeux est tellement bon que Rigel (le fils de Maryann) trayait la vache de l’époque directement dans sa bouche quand il avait quatre ans !

Clémentine

La traite

Avez-vous déjà eu des crampes aux mains ? Cela m’est arrivé pour la première fois à Goat’s Pride Dairy après trois jours de traite consécutifs. Et moi qui croyais que la traite à la machine c’était facile ! Laissez moi vous expliquer le subtil art de traire soixante-cinq chèvres en 2h.

Les chèvres laitières sont réparties dans trois enclos différents. On les trait donc par lots et la première étape est bien sûr de convaincre nos amies les biquettes de la tente (les fameuses!) de venir jusqu’à la salle où e

lles attendront d’être traites. Charmante partie de plaisir !

Pendant, que je m’escrime avec mes amies à quatre pattes, Tatjana (celle avec qui j’ai à chaque fois fait ce travail) s’occupe de préparer la salle, de tout stériliser et de mettre en marche la trayeuse. Puis il faut remplir les mangeoires de graines et nous sommes fin prêtes pour faire entrer les dix (et seulement dix!) premières chèvres. Ce qui n’est pas toujours évident car elles passent par une trappe que l’on soulève et se battent pour entrer !

Une fois nos dix chèvres installées, nous nettoyons leurs mamelles et commençons à les traire à la main, pour vérifier qu’elles n’ont pas de problème. Ce premier lait tiré fini droit dans la gamelle des chats ! Puis on peut mettre la machin en marche. On ouvre les tuyaux aspirants et on les colle aux mamelles de nos biquettes. Après quelques minutes d’attente, quand tout le lait paraît avoir été tiré, on peut les enlever. Là, ça demande une certaine expertise. Moi je préfère attendre dix minutes et sous-peser les mamelles, alors que Clarissa fait ça en trois minutes et repère ça a l’œil ! Quoiqu’il en soit, après avoir arrêté la trayeuse, on n’est jamais sûr que la machine a tiré tout le lait. On finit donc le boulot manuellement en tenant un seau de la main gauche et en trayant de la main droite. On récupère souvent un gros litre de lait supplémentaire que l’on verse dans le tank. Évidemment, ça prend un peu de temps avant d’être aussi efficace que Tatja

na ou Clarissa et pour se muscler la main ! Mais je dois dire que mon niveau s’est nettement amélioré en quelques jours et j’en suis plutôt fière.

Après cela, on désinfecte les mamelles et on peut sortir les biquettes pour en faire entrer dix nouvelles. Quand toutes les chèvres de la tente sont finies, on les raccompagne à leur enclos (en évitant des fugues dans la grange à foin!) et on va chercher celles de la partie droite de la grange principale. Et rebelote !

Le matin, il faut se lever à 5h45, mais il n’y a que deux lots, alors qu’à 16h30, on trait onze chèvres de plus et on doit s’occuper du troisième lot : les chèvres de la gauche de la grange principale. Donc l’un dans l’autre, il n’y a pas vraiment de meilleur créneau… Moi, contre toute attente, je suis plutôt du matin !

Le fait de devoir aller chercher les biquettes dans le pré, puis de les traire une par une, permet vraiment de mieux les connaître. Maintenant, je sais que « Smiley » (celle aux dents en avant),  « Little Nipple » (celle qui a une mamelle atrophiée) et la chèvre av

ec deux orifices sur sa mamelle droite, sont plus philosophes que les autres et ne se battent jamais pour entrer les premières dans la salle de traite. On les retrouve toujours ensemble dans la dernière fournée de dix chèvres. J’ai appris à repérer « Coco », cette biquette curieuse et intrépide qui fait toujours l’inverse de ce que l’on veut. J’ai aussi sympathisé avec « Papaye », le petit chevreau que l’on laisse avec sa mère dans la grange principale. Bref, la traite est vraiment un moment privilégié pour comprendre le fonctionnement de la ferme et créer un lien avec les animaux, pour qu’ils ne soient pas que des machines à faire du lait.

Mais bon, on a beau dire, c’est quand même important de tirer le maximum de lait et chaque matin quand on mesure le nombre de litres obtenus, on compare toujours avec ce qu’ont fait les autres la veille. Si on a fait mieux qu’eux, en général au p’tit dej’ Clarissa ou Charity auront droit à une petite réflexion du genre « Ah, ah ! Tu as fait 46 litres hier soir ? Nous on a eu 52 ce matin… avec onze chèvres de moins! ».

Eh oui, depuis que nous travaillons dans des fermes nous n’avons plus vraiment le même humour !…

 Clémentine

Au pays des biquettes

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Si ma cohabitation avec les 150 poules de Goat’s Pride Dairy m’a confirmé mon aversion pour ces volatiles stupides et puants, j’ai vraiment découvert à quel point il était agréable de travailler avec des chèvres. Enfin, avec certaines chèvres…

Ces animaux à l’air si bête, sont en fait extrêmement intelligents. La plupart des biquettes de la ferme, sont très curieuses et s’intéressent de près au moindre de vos mouvements. C’est pourquoi il faut leur montrer le bon exemple… Si on en fait passer une par dessus une clôture au lieu d’ouvrir la porte, il y a fort à parier que ses amies apprendront très vite à s’échapper !

Ces chèvres sont aussi très affectueuses et n’hésitent pas à venir se frotter contre vous pour vous faire des câlins le matin. Elles ont leurs petites habitudes et certaines tiennent vraiment à me raccompagner jusque devant la porte de la « lower barn » quand j’ai fini de les nourrir. Ce qui les rend d’autant plus attachantes, c’est que l’on peut vraiment jouer avec elles. Il faut faire attention, car on peut parfois perdre pas mal de temps le matin si on se laisse prendre au piège de commencer à les caresser : après on ne peut plus s’arrêter !

Mais les plus mignons restent les chevreaux qu’on nourrit le matin au biberon et avec qui nous créons une vraie relation. Chaque chevreau a son biberon avec son nom dessus. Nous devons donc connaître le nom des treize petits. Ils ont chacun leur caractère : certains sont plus doux que d’autres, Aristotle est la plus petite et la plus attendrissante, Arriety sûrement la plus intelligente, Arena fait des bonds incroyables et Artichoke est un goinfre de première, toujours en train d’essayer de voler le biberon d’Apricot. Mais mon préféré, c’est Astroïde, avec ses deux petites tâches sous les yeux et son air malin…

Si on passe de très bons moments avec elles, tout n’est pas rose au pays des chèvres et pas mal d’entre elles ont quand même un sale caractère. L’autre jour, après avoir réussi à forcer deux cadenas pendant la nuit, les chèvres du côté droit de la « tente », ont réussi à aller rejoindre leurs copines du côté gauche. Grosse fête dans l’enclos ! Mais pas pour les WWOOFeurs… En arrivant à 6h du matin pour les traire et en découvrant le bazar qu’elles avaient mis partout je me suis carrément mise à les insulter en anglais ! Midnight, une chèvre noire plutôt costaud, n’a pas aimé ça et à commencer à me pousser avec sa tête et à essayer mesquinement de me marcher sur les pieds. Du coup je l’ai poussé à mon tour, mais elle ne s’est pas laissé faire ! Un long duel s’en est suivi… Bref, depuis, je ne peux plus rentrer dans l’enclos sans me faire foudroyer du regard par ma nouvelle ennemie. Eh oui, les biquettes peuvent être rancunières ! Mais ne vous inquiétez pas, je lui rend la pareille !

De façon générale, les chèvres de la tente sont indisciplinées et ingénieuses. C’est ce qui les rend aussi sympathiques dans le pré quand elles viennent nous dire bonjour alors qu’on répare la clôture. Mais c’est aussi celles que l’on hait le plus le matin quand elle ont décidé de ne pas rentrer dans la salle de traite, de fuguer dans le local à foin où de ne pas quitter la salle de traite et de se rouler par terre…

Bref, vous l’avez compris, les chèvres sont très humaines !

Clémentine

Comment s’organise-t-on quand on travaille à 17 sur une ferme ?

C’est simple, on fait un planning !

Planning

Globalement il y a cinq types d’activités à faire quotidiennement sur la ferme :

  • Nourrir les chèvres et les cochons
  • Donner le biberon aux chevreaux
  • Traire les chèvres
  • Nourrir les poules et ramasser les œufs
  • Aider Jason dans la laiterie

Chaque soir, Clarissa nous répartit donc les tâches pour le lendemain. Pour les poules ce sont les deux plus petits qui s’en occupent, mais un coup de main est toujours le bienvenu.

Entre ces missions, il y a pas mal de temps libre que nous sommes sensés utiliser pour aider sur la ferme. Mais comme en général personne n’est au courant de ce que font les autres, c’est parfois difficile de savoir à quoi s’attaquer. C’est ce qui est le plus perturbant au début. Mais finalement, c’est plutôt une bonne chose car cela nous oblige à observer, à prendre des initiatives et nous apprend à repérer ces mille et unes petites choses dont il faut s’occuper sur une ferme : nettoyer le poulailler ou les enclos, réparer les clôtures, rattraper les animaux qui ont fait une fugue, ramasser les pommes, les haricots ou les mûres, faire la cuisine, aider Steven à entraîner sa chèvre pour des concours,… Bref, ici nous apprenons à être débrouillards. Car oui, ça ne sert à rien de demander à qui que ce soit où se trouve le marteau ou le fil de fer, car personne n’en sait rien. C’est donc à nous de fouiner, chercher ce qui convient le mieux, quitte à y passer une heure. Mais rassurez-vous, avec le temps, on fini par connaître les petits recoins et ça va beaucoup plus vite. Cet après-midi il ne nous à fallu que 5 minutes pour trouver des clous !

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Clémentine

A la découverte de Goat’s Pride Dairy

Bientôt une semaine que nous sommes arrivés dans la ferme de Goat’s Pride Dairy, près de Vancouver, et voici seulement notre premier article.

C’est qu’ici tout est si différent de ce que nous avons pu vivre jusqu’à présent que nous avions besoin d’un petit temps d’adaptation. Je me sens bien plus à l’aise aujourd’hui pour écrire cet article. Si je l’avais rédigé il y a quelques jours, je crois que vous n’auriez pas eu une très bonne opinion de notre nouvelle ferme ! Et pourtant, après six jours, nous avons enfin pris nos marques et du recul, ce qui nous permet de vous présenter Goat’s Pride Dairy avec un peu plus d’objectivité.

Lorsque nous sommes arrivés dimanche, aucun membre de la famille n’était là pour nous accueillir, car ils étaient à la foire agricole de la ville. Deux WWOOFeuses étaient présentes sur la ferme mais comme elles étaient en pleine traite des chèvres, elles n’ont pas pu nous faire visiter les lieux. Une autre WWOOFeuse chinoise a essayer de nous faire faire un tour de la maison, mais elle n’était là que depuis deux jours et ne savait pas trop quoi nous dire… Nous avons dû attendre plus d’une heure, la fin de la traite, pour savoir où étaient notre chambre et la salle de bain ! Finalement, nous avons dîner avant que les fermiers ne reviennent, avec les trois WWOOfeuses qui ont commencé à nous parler de la famille. C’est ainsi que nous avons découvert que Jo Ann et Peter Dykstra avaient neuf enfants (dont cinq vivent encore sur la ferme !) et qu’il y avait actuellement sept WWOOFeurs sur la ferme. Ce qui fait donc un total de quatorze personnes dans la maison ! C’est là que nous avons commencé à comprendre que ce séjour serait très différent des trois autres. Puis, vers 21h, tout le monde est finalement rentré et c’est là que nous avons commencé à douter d’avoir choisi la bonne ferme… Peter et Jo Ann nous ont à peine adressé un « bonsoir », et ne nous ont posé absolument aucune question avant de quitter de salon. Nous avons fini par comprendre, grâce aux WWOFeurs qu’il y avait un planning fait chaque soir pour le lendemain, avec les tâches de chacun. Le lundi, nous étions inscrits pour nourrir les chèvres avec Tatjiana, une WWOOFeuse allemande, comme coach. Nous sommes donc allez nous coucher dans notre caravane en nous demandant ce qui nous arriverait le lendemain…

Finalement, les trois premiers jours ont été assez difficiles, pour plusieurs raisons. En dehors des tâches quotidiennes du planning où nous avions des WWOOFeurs pour nous expliquer le travail (mais jamais un membre de la famille !), le reste du temps il nous était plutôt difficile de savoir quoi faire. En effet, dans cette ferme, chacun doit prendre des initiatives pour aider durant la journée, sauf que personne n’était là pour nous guider et que nous n’avions aucune idée de l’organisation globale de la ferme. Plutôt difficile de savoir quoi faire dans ce cas là ! D’autre part, les règles de fonctionnement sont très précises (ce qui est normal avec quatorze personnes dans une maison), mais nous les avons découvert uniquement par étapes en nous faisant réprimander à chaque fois. Si on essaye de remplir le lave vaisselle, les verres ne sont jamais au bon endroit, si on met le couvert, on ne met jamais les assiettes là où il faut, si on veut étendre le linge, on n’accroche jamais les habits dans le bon sens !… Évidement, tout cela n’aide pas vraiment à se sentir chez soi.

Mercredi, matin, notre moral était donc plutôt bas… Surtout qu’à tout cela s’ajoutait un mode de vie très loin du notre, puisque dans cette famille, avant et après chaque repas, on prie et on lit un passage de la Bible, ce qui nous mettait plutôt mal à l’aise. Mais nous avons finalement pris cela comme une bonne occasion de découvrir les histoires bibliques. C’est toujours bon pour la culture générale !

Finalement, tout a commencé à changer mercredi, quand Jo Ann a semblé réaliser qu’elle ne nous parlait pas toujours très gentiment et que nous faisions de notre mieux pour aider. Elle s’est mise à nous réprimander plus doucement, à nous parler et à nous poser des questions. Maintenant, nous commençons aussi à vraiment discuter avec les WWOOFeurs et les membres de la famille. Cela nous aide à mieux comprendre ce que l’ont peut faire par nous même sur la ferme, mais aussi à construire des relations vraiment amicales. Finalement, depuis trois jours, bien que cette ferme fonctionne de manière très particulière, nous avons enfin l’impression de faire partie de la bande ! Nous avons trouvé à nous rendre utiles en ramassant des mûres avec Tatjiana pour faire de la confiture, en taillant les onglons (le surplus des sabots) des chèvres avec Verena, en cuisinant avec Jo Ann. Mais la partie la plus sympa de la journée, reste évidemment la baignade dans la piscine des voisins avant le dîner ! Il semble qu’il y ait ici une sorte de règle tacite : attendre toujours quelques jours avant de faire confiance à de nouveaux WWOOFeurs !… Peut-être cela est-il dû au fait qu’il y a toujours tant de monde et d’allers-et-venues.

 

Finalement, même s’il est toujours difficile de comprendre comment la ferme fonctionne dans son ensemble, ce séjour sera extrêmement enrichissant puisque nous allons découvrir tout ce qui se fait de A à Z : nourrir les cochons, les chevreaux (au biberon!) et les chèvres, les traire, faire du yaourt et du fromage, stocker du foin, refaire les clôtures, ramasser les œufs, nourrir les poules et nettoyer le poulailler, et même faire des marchés ! Aujourd’hui, c’était mon tour d’aller aider Jo Ann pour vendre les fromage et les œufs et cela m’a définitivement réconcilié avec Goat’s Pride Dairy !

Clémentine

Trayeuse et wagon

Voici de nouveaux dessins de Valérian qui représentent le wagon que la jument Allis tire (notamment pour transporter des pierres !) et la trayeuse sur laquelle on installe Lilac tous les matins.

Trayeuse et Wagon

De la chèvre à l’assiette

De la chèvre à l’assiette ? Non je ne vais pas vous apprendre à découper une chèvre ! Il s’agit simplement de faire du fromage. Eh oui il nous aura fallu aller jusqu’au États-Unis pour apprendre cela ! C’est plutôt honteux pour des français. Mais rassurez vous, il ne s’agit que de fromage à tartiner et nous comptons bien apprendre à faire de vrais bons fromages français à notre retour.

Quoiqu’il en soit vous allez ici découvrir chaque étape de ce merveilleux processus.

1. La traite

Contrairement à ce que l’on pourrait croire c’est loin d’être évident. Mais après quelques essais nous ne nous en sortons pas si mal, bien que nous n’allions tout de même pas à la vitesse de Cathy. Le vrai problème c’est que l’on donne une portion de grain à Lilack et quand elle l’a finie elle commence à ruer. C’est donc une vraie course contre le montre pour finir de la traire avant ! Cathy y arrive facilement et obtient plus d’un demi gallon de lait. Mais nous peinons à tirer plus d’un quart de gallon…

2. Refroidissement du lait

Une fois Lilack trait, nous la remettons dans le pré avec les autres chèvres qu’elle avait quittées depuis la veille (il faut la rentrer dans un box le soir pour que ses petits ne la tètent pas). Puis nous mettons le récipient de lait à refroidir dans la rivière qui passe le long de la grange. Cela permet de diminuer la température très rapidement ce qui est important si on veut que le lait reste frais plus longtemps. Puis en fin de matinée, après avoir nourrit les poules et les chevaux, vidé le compost, on retourne chercher le lait que l’on peut filtrer et mettre au frais.

Refroidissement du lait dans la rivière

3. La confection du fromage

Une fois le lait refroidi, on peut commencer à faire du fromage. Voici la recette préférée de Cathy.

Il faut d’abord chauffer le lait à 80 degrés Fahrenheit (27°C). Une fois la bonne température atteinte, on ajoute la présure (« rennet » en anglais) et le babeurre (lait fermenté).

Pour 1 gallon et demi de lait (5,7 litres) on met deux cuillères à café de présure diluée (3 gouttes dans 1/3 de tasse d’eau) et ½ tasse de babeurre.

Ensuite on laisse fermenter plusieurs heures, disons toute la nuit si l’on fait le fromage en fin d’après-midi.

4. L’égouttage

Le lendemain matin le lait a coagulé. On essore alors le fromage dans une passoire avec un grand tissu à fromage au fond. Cela prend plusieurs heures pour faire couler tout le petit lait et n’avoir plus que le formage à tartiner dans la passoire. Pour ne pas gâcher le petit lait, on le donne aux chats qui tout à coup se prennent d’un grand élan d’affection pour nous !

5. L’assaisonnement

Il ne reste alors plus qu’à assaisonner le fromage de chèvre selon votre goût. Pour ma part, j’ai fait une tournée moi-même et j’ai ajouté du sel, du poivre, des queues d’oignons et de l’ail. Super bon sur des tartines.

Malheureusement, nous avons mangé le fromage bien trop vite pour avoir le temps de prendre une photo du produit final !

Clémentine

These little things qui riment avec WWOOFing

 

Y’a pas à dire, on aura choisi des fermes bien différentes pour nos différents WWOOFing. D’abord le maraîchage bio au Québec avec un jeune couple dynamique qui commence à fonder un foyer. Puis le jardin urbain dans une zone populaire de Brooklyn avec Violaine, à la fois timide et en même temps hyper-active dans son jardin et dans la fête de quartier. Et maintenant une petite ferme qui est revenue à la traction animale en Caroline du Nord avec Cathy qui refait sa vie après le départ de son mari…

Mais malgré ça on retrouve tout de même certaines similitudes entre nos WWOOFing successifs. La peinture, exemple. Nous avons commencé par peindre la chambre du futur bébé à la ferme Belle Roche (Québec), puis nous avons peint un mur en blanc pour faire un écran au Welcome Home Community Garden (New-York), et ici à Doubletree farm (Caroline du nord) nous peignons les fenêtres d’une maisonnette en bleu. Faire du WWOOFfing peut donc remplacer un quelconque stage en peinture ! Il n’y a pas que ça : le ramassage de pierres est aussi une des activités que l’on aime bien donner aux WOOFeurs.

Mais il y a aussi des différences. A la ferme Belle Roche nous mettions les pierres dans une remorque tirée par un tracteur (le 1er mai sous le soleil, le jour de la fête du travail, non mais!), ici elle est tirée par une jument nommée Allis (sous le cagnard aussi, c’est un classique).

C’est ce qui fait le charme des fermes à taille humaine : vous faites du travail dans les champs, bien sûr, mais pas que. Une ferme, c’est un ensemble qu’il faut gérer, avec des petite chose à ajuster ou réparer sans cesse, il y a donc tout le temps un peu de bricolage à faire.

Aujourd’hui par exemple, nous avons profité de la présence de Marc, un menuisier, pour l’aider à rénover la petite maison de Sam et Mia (d’anciens WWOOfeurs qui louent maintenant la maisonnette). Au programme : le redressement de la maison à l’aide de crics (c’est vrai qu’elle commençait sérieusement à pencher), la création de fondations en béton pour stabiliser le tout, et enfin la peinture et la pose de planches de bois pour le contour des fenêtres. Mais ce n’est pas tout : mardi nous avions commencé par isoler le plancher avec de la laine de verre, et la semaine prochaine nous devrions faire la façade avec des planches de bois. Tout ça bien sûr entre la traite, le binage, la tonte de l’herbe le long des clôtures et le ramassage de asperges pour le dîner !

Valérian

 

La ferme au milieu des bois

Dimanche, après avoir suivi la route qui longe les Appalaches depuis la Virginie jusqu’en Caroline du Nord, nous sommes finalement arrivés à Doubletree Farm.

Depuis la route qui surplombait la vallée qui pouvions voir depuis deux jours une plaine verdoyante, de grands champs, des haies, des collines et quelques animaux. C’est donc dans ce genre de paysage que nous nous attendions à travailler.

Mais après avoir quitté la Blue Ridge Parkway, sous la pluie qui tombait avec la nuit, nous nous sommes doucement aventurés dans une vallée bien plus encaissée et surtout bien plus verte. Petit à petit, en suivant un cours d’eau sur une route de plus en plus étroite, nous nous sommes retrouvés en pleine forêt vierge. Quelques terrains cultivables le long de l’eau sont défrichés pour faire des champs, mais là haut, sur la montagne c’est vraiment la jungle, chaude et humide.

C’est donc au fond de cette vallée que se trouve Doubletree Farm. Une petite ferme de quelques hectares où l’on est accueilli par les poules et les dindes qui gambadent librement et où on se croirait plus facilement au Pérou ou à Cuba qu’au pays des OGM.

Une maison en bois, chauffée au poêle (qui sert aussi à faire la cuisine!) surplombe le champ principal où Cathy fait pousser en ce moment du sorgho, du maïs et de l’ail. En montant un peu plus haut on trouve la grange pour stocker le foin, sous laquelle s’abritent le cheval de trait et le poney durant la journée. De l’autre côté de cette grange, on accède au terrain destiné aux deux chèvres, à leurs bébés et au bouc. Encore au dessus de la grange, on tombe sur le potager qui sert essentiellement à nourrir la maison. En ce moment on y récolte surtout des asperges vertes ! Et enfin à l’arrière c’est le coin des petits fruits : mûres et framboises, qui devraient être bonnes à récolter d’ici notre départ !

Vous l’aurez compris Doubletree c’est la ferme d’autrefois, où l’on trait la chèvre à la main le matin pour faire le fromage, où l’on coupe le foin à la faux, on laboure au cheval de trait, on se chauffe et on cuisine au feu de bois. Malgré cela n’allez pas croire que nous vivons comme au Moyen-Age, car si Cathy a décidé de vivre simplement, l’idée n’est pas de se priver de tout confort. Bref, rassurez-vous tout de suite nous avons l’eau courante, l’électricité et même internet !

Après Brooklyn, nous voici donc plongés dans un tout nouvel univers où nous allons devoir apprendre à revenir aux bases, découvrir de nouveaux outils et de nouveaux gestes. Car traire une chèvre à la main c’est loin d’être évident, croyez en mon inexpérience !

Clémentine