Love your Block !

Ça y est, comme pour les classes vertes quand nous étions petits, nous avons eu notre boom de fin de wwoofing. Toute la journée de samedi, du matin jusqu’au soir, nous avons réalisé des activités pour les petits et les grands lors de la fête de quartier « Love your block ». Pour nous, la journée a débuté de bonne heure par le tri des fleurs que nous allions planter au pied des arbres dans la rue. Savoir si la plante est annuelle ou pérenne, si elle a besoin d’ombre ou de soleil, si elle a besoin d’eau ou pas… Bref, un tri qui nous permettait de placer chaque plante au bon endroit en fonction de ses besoins. Ensuite, à 10 h, l’événement a vraiment commencé et Shon, un voisin, nous a fait de délicieux pancakes sur le barbecue. Avec des fraises et des myrtilles fraîches, le tout arrosé de sirop d’érable mmmmh…. C’était un vrai délice ! D’ailleurs ça a permis de rameuter pas mal de monde (surtout des enfants) pour la suite des activités. Pendant que certains dessinaient ou mangeaient, nous avons commencé à nettoyer et planter des fleurs dans la rue. Il faut avouer que ceux qui nous aidé jusqu’au bout on été peu nombreux, mais plusieurs personnes donnaient des coups de main par-ci par-là. Certains étaient contents d’embellir la rue ou du moins l’arbre devant chez eux, d’autres étaient heureux de jouer avec des pelles, du terreau, un arrosoir et des plantes, ou d’autres enfin avaient tout simplement envie d’apprendre ou de donner un coup de main. Évidemment, vers midi, l’aide c’est fait plus rare avec la chaleur qui montait. Les escaliers devant chaque maison qui sont habituellement bien occupés se vidaient. Même les enfants ont arrêté leur bataille d’eau ! Nous sommes donc aussi allés nous mettre au frais à l’intérieur le temps du déjeuner avant de reprendre l’après-midi.

Vers 18 heures, Mrs Backer, une petite dame de plus de 80 ans qui connaît tout le monde et surtout que tout le monde connaît, nous a servi un très bon chili au jardin. Elle avait cuisiné toute la journée pour nous le servir avec du « corn-bread » et une citronnade bien rafraîchissante. Clémentine, en même temps, apprenait aux enfants à faire des « Grass-heads » à l’aide de bas, de terreau et de graines de gazon. Le principe est simple : il suffit d’arroser sa « Grass-head » quelques jours avant de voir pousser des cheveux verts. Ça permet d’amuser le enfant tout en leur faisant toucher du doigt le jardinage.

Faute de vidéoprojecteur, nous n’avons pas pu voir de film sur l’écran blanc que nous avions peint au mur, mais la journée avait été bien chargée. Le soir nous étions épuisé. Heureusement nous nous sommes couchés tôt avec l’idée que Shon ferait de nouveau des pancakes au jardin le lendemain. Ça motive !

Valérian

Les enfants de Brooklyn

Vivre à Brooklyn, cela fait aussi partie de notre expérience à Welcome Home Garden. Nous voici plongés au cœur d’un quartier ultra populaire, nous qui n’avons jamais vraiment vécu dans ce milieu là. Même si nous nous sentons plutôt bien et même accueillis quand on se balade dans Halsey Street, ce n’est quand même pas toujours évident. Déjà parce que nous sommes nouveaux et puis parce que nous sommes quasiment les seuls blancs. Nous nous faisons remarquer et pourtant chacun fait mine de ne pas faire attention à nous.

Ici, pas beaucoup de travail, chacun erre un peu dans la rue, discute, s’arrête sur le pas d’une porte, écoute de la musique (dans sa voiture, très fort, avec la porte ouverte!), … Le matin quand nous traversons la route pour aller au jardin alors que les adultes papotent dans la rue, nous avons le droit à un bonjour avec un grand sourire, mais ça s’arrête là. Quasiment personne ne franchit la grille du jardin communautaire pour donner un coup de main, simplement profiter du lieu, ou parler avec nous. On dirait que ce potager les fait sourire, leur plaît même, mais ne les intéresse pas vraiment. Évidemment, certains voisins sont réellement impliqués dans le potager avec Violaine et y viennent tous les dimanches, mais – aussi bizarre que ça puisse paraître – ce sont surtout ceux qui ont un emploi et donc peu de temps.

En revanche, dès 15h30 et la sortie de l’école, c’est la folie. Tous les gamins qui passent devant le jardin s’y arrêtent pour dire bonjour, regarder les fraises, dessiner avec des crais, proposer un coup de main, jouer. Souvent les enfants qui s’attardent sont ceux dont on ne voit jamais les parents (qui sont trop contents d’avoir la paix sans doute!). Ce qu’ils recherchent en fait, c’est de l’attention, mais ça ne se traduit pas toujours de la même manière. Si certains s’intéressent à nous, veulent nous faire plaisir ou aider (notamment à arroser les plantes, le plus drôle!), d’autres sont plein de bonne volonté, mais décidément trop dissipés et il est impossible de les faire se concentrer plus de cinq minutes. Ceux là sont les plus durs à cadrer, car on ne veut pas être trop durs avec eux ou les sortir du jardin, mais ils nous font perdre un temps fou car si on tourne le dos plus de 5 minutes, c’est sûr qu’une catastrophe va arriver. Il faut donc constamment les tenir occupés. Parfois nous devenons de vraies baby-sitters ! Les seuls gamins qui posent vraiment problèmes sont ceux qui viennent juste jouer au caïd et détruire ou faire mal aux autres enfants. Heureusement il n’y en a pas beaucoup. Mais ceux là, nous sommes bien obligés de les faire sortir, parce que sinon c’est un boulot à plein temps pour les empêcher de saccager le jardin.

Bref, travailler à Welcome Home Garden n’est vraiment pas de tout repos, mais quelle satisfaction quand on arrive à intéresser les enfants, à leur apprendre des choses, à faire une bataille d’eau et à voir qu’ils ont passé une bonne après-midi.

Ce week-end, pour la fête du quartier, plein d’activités sont prévues au jardin pour les enfants et j’ai hâte de voir comment cela va se passer et qui se joindra à nous. Comme la journée débutera à 10h par des pancakes, ça devrait attirer du monde !

 

Clémentine

Irrigation au goutte à goutte

Certains d’entre vous – j’entends nos lecteurs les plus assidus – doivent se demander pourquoi à notre arrivée nous parlions d’installer un système d’irrigation au goutte à goutte, et que depuis on n’en entend plus parler. Et bien nous allons réparer cette erreur et vous raconter les merveilleuses péripéties que nous avons vécues grâce à la « drip irrigation » !

Tout d’abord, petite explication pour ceux qui ne s’y connaissent pas parfaitement. L’irrigation au goutte à goutte est un système qui permet d’arroser son potager grâce à un réseau de tuyaux percés qui courent le long des rangés de légumes. Quand on ouvre l’eau, elle s’écoule au goutte à goutte par les fentes des tuyaux. Cela permet d’une part d’automatiser son système d’arrosage (on ouvre l’eau pendant une heure par exemple et on peut faire autre chose à côté, pas besoin de se balader avec son tuyau d’arrosage), mais aussi d’économiser de l’eau. En effet, comme le liquide s’écoule lentement et arrive directement sur le sol, il y a moins de pertes par évaporation et l’eau a le temps de bien s’infiltrer dans la terre.

Voici un petit schéma qui vous permettra de visualiser comment ça marche.

Schéma d'irrigation au goutte à goutte

Schéma d’irrigation au goutte à goutte

1. L’épreuve du système métrique américain

Première étape avant d’installer un système d’irrigation : faire un plan du jardin, afin de pouvoir estimer la surface à couvrir et le matériel à acheter. Et c’est là que nos premières difficultés ont démarrées car il nous a fallu nous approprier le sytème métrique américain qui est – il faut bien le dire – complètement illogique ! L’idée c’est qu’ici on compte tout en pieds et en pouces. Au départ; ça part d’une bonne intention puisque ça permet à n’importe qui de calculer des distances, pas besoin d’avoir un mètre (avouons tout de même qu’il faut avoir de bons pieds et de gros pouces, car même les miens ne sont pas au bonnes dimensions, alors que, comme chacun sait, je me débrouille plutôt pas mal dans ce domaine !). Mais là où ça se complique c’est pour faire un plan, parce qu’il faut 12 pouces pour faire un pied. Alors quand on calcul une distance de 1 pied et 3 pouces et bien c’est plus difficile à représenter sur du papier millimétré !

Voici tout de même une photo du plan que nous avons pu réaliser.

plan du jardin

2. La barrière de la langue

Déjà que nos compétences en matière d’irrigation ne sont pas très pointues, mais en plus il a fallu tout reprendre depuis le début afin de nous approprier le vocabulaire anglais. Eh bien, on peut vous dire ça prend de longues heures de recherches sur internet, et de coups de téléphones afin de comprendre la différence entre un « drip tape », une « drip line », des « emitter lines », des « drip emitters », etc…

Bref, nous avons finalement choisi des « drip tape », c’est à dire des petits tubes plats avec des fentes qui ont l’avantage d’être très peu chers, résistants et de se boucher moins facilement que les tuyaux ronds.

3. Un dimanche à l’eau (dans tous les sens du terme)

Finalement, à la fin de notre première semaine, nous savions à peu près ce que nous voulions et nous étions prêts à commander le matériel. Nous comptions faire cela le lundi, car nous devions passer notre dimanche avec Violaine pour planter des tomates et les choux asiatiques. Finalement, il a plu non-stop durant tout le week-end… Plutôt dépités, nous avons décidé de passer la commande sur internet tous les trois, afin de vérifier que tout marchait comme prévu. Mais là, en nous repenchant sur le système, plein de nouvelles questions sont venues : cela pose-t-il un problème si le terrain est en pente ? Le filtre à eau est-il vraiment celui qu’il nous faut ? Finalement, c’est quoi déjà un « emitter line » ? Ca ne serait pas mieux que le « drip tape » ? … Bref, une nouvelle journée passée au téléphone à harceler un pauvre vendeur qui nous conseillait depuis la Californie. Il faut l’avouer, ce jour là, vers 16h, notre moral au plus bas, nous avons fini par attaquer une plaquette de chocolat ! A 18h, tout était prêt pour le grand saut et nous avions enfin tout compris. Nous avons passé la commande afin que le matériel nous soit livré avant la fin de la semaine.

4. Un nouveau rebondissement !

Vendredi 24 mai était un jour à marquer d’une pierre blanche ! Nous avons enfin reçu tout notre système d’irrigation. Tous contents nous filons au jardin débuter l’installation, avant de nous apercevoir… que nous avions oublié les petits connecteurs entre les « drip tape » et la ligne principale. En gros, l’Élément indispensable ! Évidemment, comme il n’y aucun vendeur de « drip tape » près de New York, nous avons du refaire une commande en 4ème vitesse et payer très cher pour être livrés au plus tôt (avant notre départ pour la Caroline du Nord).

5. The end ?

Nous avons finalement reçu les pièces manquantes cet après midi et nous avons pu débuter le travail. Tout à l’air de se passer très bien et on espère que ça va durer, car nous n’avons plus que demain pour finaliser l’installation du système d’irrigation. Ensuite ce week-end nous participerons à la fête du quartier organisée dans le jardin, avant de reprendre notre route vers le sud lundi matin.

Clémentine

Bags garden, limaces et peinture blanche…

Des sacs en toile de jute pour créer des mini-jardins ? L’idée est surprenante, mais elle marche très bien ! Violaine trouve les sacs à Brooklyn dans une entreprise de torréfaction de café. Pour préparer ces « bags garden », nous avons commencé par mettre un bac en plastique avec des graviers au fond des sacs afin de récupérer l’eau de pluie et d’arrosage et de créer une petite réserve d’eau. Ensuite nous avons rempli les sacs avec un mélange de terre, de terreau, de compost et de perlite (sable siliceux très léger qui permet d’aérer le sol) tout en prenant soin de garder une colonne de gravier au centre. Pour faire ces colonnes, il suffit d’utiliser un pot de fleur en plastique dont le fond a été percé et de le poser sur les graviers au fond du sac. En remplissant successivement le pot de fleur avec du gravier et les alentours du pot avec de la terre on crée en montant une véritable gouttière pour l’eau et l’air. Cela permet d’arroser en profondeur les sacs et de bien aérer la terre. Pour les sacs de jute qui accueilleront des petites plantes vertes pas trop volumineuses, Violaine prévoit de percer des trous sur les côtés des sacs pour créer des mini-jardins verticaux. A terme, certains « bags garden » pourront être à la charge d’enfants afin qu’ils puissent créer leur propre univers.

Le « Welcome Home Garden » regorge d’autres petites astuces. C’est le cas par exemple des murs mitoyens qui sont peints en blanc afin de réfléchir la lumière du soleil. C’est vrai que étant situé entre deux maisons le jardin est un peu à l’ombre, ce qui nous force à réfléchir à chaque fois à ce que l’on plante en fonction du soleil. Peindre les murs en blanc permet non seulement de faire rentrer plus de lumière, mais en plus ils serviront d’écran pour projeter des films lors de la fête du bloc dans une dizaine de jours.

Autre truc : l’anti-limace. Il faut le savoir, les limaces adorent la bière. Il suffit donc d’enterrer des verres remplis de bière pour noyer les hordes de limaces qui sinon s’attaquent aux choux ou autres plantes innocentes. Ça marche vraiment bien, il faut juste avoir le cœur de vider les verres ensuite. Âmes sensibles s’abstenir !

Valérian

Pour voir la fabrication de « bags garden » en Ouganda : http://www.sendacow.org.uk/baggardens

Plant give away

Personnes attendant leur tour pour récupérer leurs plants - Green Thumb

Personnes attendant leur tour pour récupéer leurs plants – Green Thumb

Ce matin nous sommes allés avec Violaine au « plant give away » de Green Thumb… Haha, je sens que vous n’avez pas tout compris et pourtant, c’est tout simple !

Green Thumb est une organisation de la ville de New York – qui appartient au département des parcs et jardins – en charge de gérer les jardins urbains communautaires de la ville. Les citoyens qui veulent créer un potager sur un terrain communal doivent donc en faire la demande au préalable à Green Thumb. Une fois que leur demande a été acceptée (il faut au minimum 15 membres, avoir des règles d’organisation du jardin etc.), l’organisation les soutient en leur mettant à disposition de la terre, de quoi faire des clôtures, … Un de ces services est le « plant give away », c’est à dire un don de plants.

Ce matin nous sommes partis tôt car la distribution se fait selon l’ordre d’arrivée. Nous avions rendez-vous dans un jardin à l’intérieur d’un hôpital psychiatrique. Accueil plutôt froid devant de hautes grilles avec des policiers qui veulent voir toutes nos pièces d’identités avant de nous laisser passer. Il faut croire que les attentats de Boston les ont vraiment mis sur la défensive car d’après Violaine ce n’était pas comme ça avant. En tout cas, les malades ne risquent pas de s’enfuir !

Une fois à l’intérieur nous n’avions qu’un quart d’heure d’avance et nous étions donc déjà 22ème sur la liste d’attente. Cela nous a laissé le temps de papoter avec d’autres jardiniers de tout âge, mais surtout latinos et afro-américains (on est à Brooklyn tout de même !).

Chacun avait le droit à trois plateaux, mais cela faisait beaucoup trop pour le petit Welcome Home Garden, d’autant plus que nous avions déjà récupéré des plants auprès de Green Guerilla quelques jours plus tôt (pour plus d’infos sur Green Guerilla, vous pouvez vous rendre sur leur site). Nous avons donc partagé nos plants avec Martin, un homme originaire de l’île de St Martin (nous aussi ne connaissions pas cette île jusqu’à ce matin!) qui gère trois jardins et cultive apparemment un nombre de variétés impressionnant. Nous irons sûrement lui rendre visite un de ces jours et nous vous en dirons plus.

Cet après midi, nous avions prévu de commencer à planter les tomates, poivrons, concombres et autres légumes qui commencent à devenir bien trop gros pour leurs petits pots, mais d’abord il nous fallait déterminer où nous voulions les installer. Et c’était là un vrai casse tête, car face aux catalogues de semences, Violaine n’a pas pu résister et s’est retrouvée avec bien trop de semis (plus nos nouvelles plantes!). Il a donc fallu faire un choix douloureux et nous n’avons toujours pas décidé ce que nous ferions des plants que nous pourrons pas mettre au jardin. Bref, avec tout ça, il était déjà 19h, la plantation sera donc pour demain, même si on annonce de la pluie, car c’est un « jour fruit » selon le calendrier biodynamique, qui est donc particulièrement propice pour ce que nous avons à planter.

Clémentine

Pour aller plus loin :