Portland

S’il il nous fallait décrire la ville de Portland (Oregon) rapidement, ce serait assurément les mots « développement durable », « douceur de vivre » et « innovation » qui nous viendraient à l’esprit en premier. A quelques miles de la mer et des montagnes, au milieu des vignes, de la forêt et des champs de blé, cette petite ville à taille humaine nous a tout de suite séduits. Il faut dire que nous étions logés chez des amis et que nous avons été particulièrement bien accueillis par Sarah, Damien et leurs deux enfants dans leur confortable maison (avec un potager!).

Si la ville n’a pas su attirer beaucoup d’entreprises (hormis quelques-unes comme Nike ou Intel…), Portland s’est bien rattrapée en concentrant son activité sur le développement durable. Elle a réussi en 2004 à repasser sous la barre d’émission de CO2 qu’elle produisait en 1990 ! Et les progrès continuent…

Voici dans le désordre quelques innovations dans le domaine du développement durable que nous avons pu voir à Portland :

  • Dans les super-marchés

Nous sommes allés dans un super-marché bio et local où il y avait pas mal d’idées. A part la vente en vrac des produits qui se voit de plus en plus en France, nous avons découvert une initiative originale au rayon poissonnerie dans le super-marché New Seasons. Des panneaux indiquaient grâce à un code couleur si les poissons étaient issus d’une pêche responsable ou non. Les produits ayant une couleur rouge (indiquant une pêche non responsable) ont peu à peu été radiés des rayons. De plus les panneaux indiquent si les poissons sont frais ou non. Seul problème : aucun renseignement n’était donné sur la période optimale de pêche pour les poissons sauvages. (Si vous voulez un très bon site pour connaître tout cela, avec à la clef plusieurs recettes, il suffit d’aller sur http://www.mrgoodfish.fr). Enfin pour finir, les tickets de caisses sont parfois imprimés recto/verso afin de réduire le gâchis de papier.

  • Les rigoles de drainage biologiques (« bioswales »)

Afin d ‘allier lutte contre l’érosion, contre la pollution des nappes phréatiques et cours d’eau, contre les inondations hivernales et enfin verdissement de la ville, Portland a mis en place partout dans la ville des « rigoles de drainage biologiques ». Il s’agit tout simplement de parterres de plantes filtrantes qui sont placés judicieusement en bas de la pente des routes et parkings. En plus d’absorber le trop-plein d’eau lors des fortes pluies, cette construction évite que les huiles de moteurs et autres déchets liquides répandus sur le bitume finissent droit dans les rivières. Ces rigoles sont même devenus obligatoire pour chaque construction de parking ! Par contre nous n’avons pas réussi à savoir si les plantes filtrantes étaient suffisamment efficaces pour nettoyer l’eau de pluie qui s’infiltre dans les rigoles.

  • Ligne prioritaire sur les autoroutes pour les bus et le covoiturage

Nous n’avons pas observé cette initiative qu’à Portland, mais cette article nous permet d’en parler. Il s’agit tout simplement d’une file de voiture située à gauche sur la chaussée qui est réservée uniquement aux bus et aux voitures ayant plus de deux personnes à bord. Symbolisé par un losange blanc, cette idée incite fortement au covoiturage, à l’utilisation des transports public et par la même occasion à la réduction de la pollution et des embouteillages.

  • Les éco-districts de Portland, un moyen d’évoluer ensemble

La ville de Portland est maintenant divisée en plusieurs éco-districts. Le but de ce grand projet est que chaque quartier définisse des objectifs de réduction de la pollution. Cela passe par de la coopération entre les entreprises, particuliers et institutions pour réduire les déchets, produire de l’énergie propre, repenser la ville… Chaque année des responsables d’autres villes sont invités pour voir les initiatives lancés par ces éco-districts.

  • L’institut de recherche BEST (Built Envronment and Sustainable Technologies)

Grâce aux recherches et aux conférence de l’institut BEST, Portland ne cesse d’innover dans le domaine du développement durable. Ces recherches, qui allient différents acteurs, permettent notamment d’évoluer dans le domaine du bâtiment, de l’énergie (saviez-vous par exemple que les panneaux solaires au-dessus des toits végétalisés fonctionneraient mieux que sur des toits normaux?) …

  • Recyclage et compostage

Tout est pensé pour le recyclage. Si vous achetez quelque-chose à manger ou boire à emporter, ce sera bien souvent dans du carton ou du plastique compostable ! Et pour forcer la main des citoyens sur le recyclage de leurs déchets, seule la poubelle du compost est depuis peu ramassé chaque semaine, les autres ne sont ramassées qu’une semaine sur deux. Des lois sont même mises en place pour permettre aux gens d’avoir des poules dans leur jardin (qui mangeront alors les déchets compostables) tout en assurant leur bien-être. Et pour réduire les déchets, certaines écoles vont même jusqu’à bannir les couches jetables pour leurs bambins !

  • Agriculture urbaine et bibliothèques d’outils de jardinage

Ici, comme dans de nombreuses villes que nous avons traversé, l’agriculture urbaine est de mise. Certains quartiers se sont même dotés de « bibliothèques » d’outils mises à la disposition des main vertes.

Enfin, vous l’aurez compris, Portland regorge d’idées pour le développement durable ! Et ce n’est sans doute pas pour rien que la ville a récemment choisi de fusionner son département de la planification de l’urbanisme et celui de l’environnement…

Valérian

Pour aller plus loin :

le site de la ville de Portland : www.portlandonline.com

le site des éco-districts : http://ecodistricts.org/ ainsi que leur document de planification (pleins d’idées ici pour les villes et municipalités !) : pdf framework ecodistrict

le site du super-marché New Seasons : http://www.newseasonsmarket.com/

le site du programme BEST : http://www.ljmu.ac.uk/BLT/BEST/index.htm

le site pour acheter du poisson durable au bon endroit et au bon moment : http://www.mrgoodfish.com/fr/index.html

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Fermes urbaines à New York

Des légumes sur les toits de Brooklyn ? Vous en aviez peut-être déjà entendu parler, mais nous nous sommes allés leurs rendre visite !

On pourrait croire que New-York est LA ville par excellence et donc complètement bétonnée. C’est loin d’être le cas. C’est justement dans la cité des buildings que l’on croise des jardins communautaires à chaque coin de rue (ou presque !). A Manhattan ce sont plutôt des espaces couverts de fleurs, de bancs et de pergolas qui permettent aux habitants de se détendre ou de se réunir, et à Brooklyn c’est le coin des potagers. Quasiment chaque « block » a son terrain pour faire pousser des légumes. Généralement ce sont des petites parcelles, comme celui de Welcome Home Garden. Mais, si avec Violaine tout le monde cultive ensemble et se partage la récolte, dans la plupart des potagers on trouve des petits carrés individuels qui permettent à chaque famille de s’approprier un bout de terre. Certaines initiatives, sur de plus grands terrains, peuvent prendre encore plus d’ampleur. C’est ce que nous sommes allés explorer dimanche dernier.

Nous avons ainsi pu visiter Eagle Farm. Une ferme sur les toits de vieux entrepôts de Brooklyn. On monte d’abord un étage pour atteindre le marché où l’on peut acheter des légumes le dimanche. Puis, un nouvel escalier conduit jusqu’au toit. Là, face à Manhattan, on découvre un poulailler, une terrasse, des abeilles et des rangées de radis et de poivrons ! Esthétiquement parlant c’est vraiment fascinant. C’est aussi une manière complètement innovante de se nourrir, malgré le béton, en utilisant toutes les surfaces possibles. Hormis les problèmes techniques que cela suppose pour monter la terre, l’eau, le matériel, cela nous semblait donc à première vue être une solution urbaine géniale. Après avoir discuté quelques temps avec les bénévoles (car oui, le dimanche, chacun peut venir aider!), nous avons évidemment découvert quelques failles… Pas d’ombre, peu de profondeur de sol, le terrain ne convient donc pas à tous les légumes. Après avoir conservé une certaine diversité dans les cultures les premières années, Eagle Farm, déçue par certaines productions a finalement décidé de se concentrer sur les légumes qui fonctionnent le mieux, c’est à dire les radis et les choux chinois au printemps et les poivrons en été. En réduisant ainsi le nombre d’espèces, plus de rotation possible…. et sans rotation longue avec des mêmes cultures qui reviennent fréquemment sur un même sol cela favorise l’apparition de maladies et de parasites (virus, nématodes…). Et alors comment rester en bio et gérer la prolifération des maladies ou autres nuisibles ? Il va encore falloir innover ! La culture en hauteur, suppose de se creuser les méninges.

Une fois redescendus, nous sommes partis pour Sewing Seeds Garden, dans un autre quartier de Brooklyn. Dans ce jardin, une équipe de cinq garçons mène un projet à plusieurs facettes. Sur un grand terrain (en fait ils ont deux jardins, conçus sur le même schéma, mais nous n’avons visité que le plus récent), ils ont plusieurs activités. En entrant, on arrive dans un jardin communautaire classique avec ses carrés individuels, sur le côté un espace pédagogique permet à des classes de faire pousser des légumes et d’apprendre comment se fait un compost. Puis tout au fond du terrain, une micro-ferme est gérée par les cinq compères qui vendent la production sur un marché. Par peur des sols pollués, les légumes y sont cultivés dans des sacs en plastique sous-irrigués. Cela donne ainsi un mélange vraiment intéressant où se rencontre des informaticiens aux mains vertes, des juifs orthodoxes à papillotes, des familles mexicaines en maillot de bain, des couples bobos dans la trentaine,… Et c’est là qu’opère la magie de Brooklyn car tout ce monde là se mélange plutôt bien.

 

Clémentine

Liens utiles :

Eagle Farm : http://rooftopfarms.org/

Un salon transformé en chambre à semis !

Au Québec, à la ferme Belle Roche, à une heure de Montréal, Caroline et Simon font leurs semis dans leur salon …

semis dans le salon

Caroline et Simon ne sont installés en maraîchage que depuis 1 an et demi et n’ont pas encore les moyens de s’offrir une serre chauffée pour faire leurs semis. La solution pour ne pas dépenser trop de fioul ? Utiliser le chauffage de la maison pour les petits plants. Ils ont donc temporairement aménagé leur salon en chambre à semis et utilisent des lampes au sodium pour la lumière. Une idée à exploiter par les petits maraîchers qui s’installent, mais aussi par tous ceux qui veulent faire des semis pour leur potager au fond du jardin !

Article réalisé dans le cadre de notre partenariat avec la Novosphère

Des champignons en aquarium

A la ferme Belle Roche, près de Montréal, on fait pousser les champignons en aquariums !

 champignonnière maison

Simon, l’un des deux maraîchers de la ferme où nous travaillons depuis deux semaines avec Valérian, s’intéresse depuis quelques temps à la culture des champignons. Sur son exploitation il possède plusieurs hectares de forêts qu’il voudrait ensemencer à terme. D’ici là, pour s’entraîner, Simon fait pousser ses pleurotes dans un aquarium ! Il remplit un petit sac de grains de blé bouillis, qu’il ensemence avec des spores de pleurotes (qu’il conserve dans son réfrigérateur). Ensuite il met ce sac dans un petit aquarium dans son salon. Le sac, posé sur une grille au-dessus de l’eau, est maintenu dans un milieu humide qui permet aux champignons de se développer. Et tous les dix jours, il ne reste plus qu’à venir récolter les pleurotes !

Article réalisé dans le cadre de notre partenariat avec la Novosphère